Philosopher à Paris dans les années 30 : Kojève/Koyré

Colloque international organisé par l’EPHE (Gsrl UMR 8285) et l’ENS (Ciepfc/ Cirphles USR 3308 ENS/CNRS)  - 17 et 18 mars / 5 et 6 mai 2011

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Ce Colloque se propose d’étudier un moment crucial de la philosophie du XX° siècle, à partir d’un fait frappant :: l’importance décisive qu’eurent, dans les années 30 à Paris, deux séminaires tenus en parallèle à l’Ecole pratique des hautes études, par deux philosophes venus de Russie : Alexandre Koyré et Alexandre Kojève. Tout converge en effet dans ces salles de l’EPHE, au cœur des années 30 : deux oeuvres majeures et deux parcours singuliers, qu’on a trop vite fait de réduire à des images figées quoique déterminantes (« le monde clos et l’univers infini », pour l’un, « la dialectique du maître et de l’esclave chez Hegel » pour l’autre) ; des problèmes, des enjeux, des lectures, conjointement introduits par eux en France (la lecture de Hegel, la philosophie allemande contemporaine) ; une influence historique immense sur toute la philosophie du siècle (Sartre, Lacan, Merleau-Ponty, mais aussi Aron, Hyppolite, Ricoeur, et encore Corbin, Jankélévitch, Beaufret), au point qu’on a pu, parfois, en faire le commencement philosophique du XX° siècle en France. Il importe de revenir sur ces différents aspects tout à la fois méconnus, d’une grande importance historique et d’une grande actualité théorique. Ce programme international de recherches prendra place sur quatre journées au sein du GSRL de l’EPHE et du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine de l’ENS (composante du Cirphles, USR 3308 du CNRS). On reviendra successivement sur le contexte commun aux deux séminaires (17 mars), sur l’œuvre de Kojève (18 mars), sur celle de Koyré (5 mai), enfin sur leur postérité croisée (6 mai). On mettra ainsi en évidence, autour de ces deux figures, un événement théorique qui fut l’une des sources de l’innovation majeure du siècle pour la philosophie « française » à travers l’introduction de la philosophie « allemande » – à laquelle on commença à associer les noms de Dilthey, Heidegger, Hegel, Husserl, Jaspers, Scheler, Kierkegaard, Nietzsche. On en soulignera aussi l’enjeu historique. Le renouvellement des années 30 en France, fut lié en effet à une série de « médiateurs » étrangers, liés à l’Allemagne par leur nationalité, par la langue, ou pour y avoir étudié (outre les deux Alexandre K, Bernard Groethuysen, Georges Gurvitch, Aron Gurwisch, Eric Weil, Emmanuel Levinas, par exemple), souvent extérieurs aux institutions académiques officielles et plutôt liés à d’autres centres de recherche – Ecole Pratique des Hautes Etudes, mais aussi Collège de France, Centre de synthèse –< avec des positions périphériques (souvent chargés de cours et de séminaires, ou aussi bibliothécaires).

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