Le voyage est-il une expérience morale ?

Journée d’étude - Samedi 12 mars 2011 - Université Paris-Sorbonne – Dans le cadre du Groupe d’Étude des Moralistes (GEM), programme de recherche du Centre d'Étude de la Langue et de la Littérature Françaises des XVIIe et XVIIIe siècles.

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Aujourd’hui, on s’interroge sur la signification idéologique, voire morale, des grands voyages du passé. La réflexion critique sur l’histoire de la colonisation, de l’esclavage et sur l’impérialisme occidental a conduit à lire leurs relations comme des récits biaisés. De fait, si les voyageurs au long cours de l’Âge classique qui nous intéressent ici ont omis de satisfaire à nos exigences morales, ils ont découvert quelque chose, sans lui donner un nom : ce que nous appelons l’altérité et le relativisme moral des civilisations. Les grands voyageurs-relateurs ne voyageaient pas pour leur plaisir, c’était de rudes professionnels – marchands, hommes de sciences, missionnaires, etc. – qui avaient pour première ambition d’assurer le succès de leur entreprise : vendre, acheter ou convertir, cartographier et inventorier. Il n’y avait pas de morale en cela. Elle était par surcroît, quand l’occasion se présentait d’une halte, d’une réflexion sur un phénomène humain exotique. Si les relateurs n’en revenaient pas personnellement changés, ils en rapportaient des graines qui ne manqueraient pas de germer.

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