par Elise Derroitte

“ La pensée esthétique contemporaine est, plus que tout autre champ de la philosophie, un espace incertain. Hantée par son héritage moderne, fascinée par son désir d’émancipation, elle reste dans l’indétermination de sa méthode [1]. Cette anxiété de la théorie esthétique est issue, pensons-nous, de deux déterminations historiques qui conditionnent encore sa production actuelle. Ces deux déterminations, dans ce domaine particulier, se répondent et s’enlacent. Il s’agit, d’une part, de l’introduction d’une pensée de l’histoire en philosophie par les idéalistes allemands (Fichte, Schelling et Hegel) et, d’autre part, de l’ambiguïté de son ambition de théoriser ce qui précisément échappe au concept (dont le paroxysme est atteint dans une certaine théorie romantique du génie). Ces deux legs de la pensée moderne laissent le champ de la théorie de l’art dans la perplexité. Cette double détermination vient en effet annuler réciproquement ses efforts de normaliser la pensée de l’art laissant le critique dans un non-lieu théorique qu’il doit pourtant parvenir à habiter. Alors que, contre le subjectivisme des idiosyncrasies, il veut donner un critère d’évaluation de l’art dans la nouveauté, au même moment, ce critère s’efface de lui-même face à son inadéquation à définir des pratiques toujours particulières.” (…)
> lire la suite sur raison-publique