Colloque international : Retrouver un sens nouveau : Rencontrer l’imprévisible

6 et 7 juillet 2011 - Université de Toulouse 2 – Le Mirail (salle du Château)

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Comité d’organisation : Flora Bastiani, Jean-Christophe Goddard et Svetlana Sholokhova.

Avec le soutien de : ERRAPHIS / Master Erasmus Mundus EuroPhilosophie / Commission Européenne / Université de Toulouse le Mirail / Université des Sciences humaines d’Etat de Russie / SIREL

Contact : colloque.toulouse.2011@gmail.com

Les nouvelles traductions

Le projet de traduction en langue russe de textes issus de la phénoménologie française du XXe siècle est proposé à l’initiative du Master Erasmus Mundus-EuroPhilosophie. A travers ce travail s’exprime la volonté de formaliser les échanges internationaux déjà à l’œuvre dans ce programme au cours duquel étudiants et professeurs du monde entier peuvent partager leurs approches de la philosophie.

L’enjeu de ce projet est la traduction en langue russe de recherches dont une des tendances communes est la problématisation et la radicalisation de la méthode phénoménologique. L’anthologie devrait réunir un choix de textes significatifs d’Emmanuel Levinas, Michel Henry, Jean-Luc Marion et Henry Maldiney. Le but est de présenter au lecteur russe la diversité des recherches phénoménologiques de la deuxième moitié du XXème siècle en France. Il est à noter que plusieurs ouvrages de Levinas sont parus en russe au cours des dernières décennies, ainsi que deux livres de J.-L. Marion en 2010. En revanche, aucun texte de M. Henry ni de H. Maldiney n’est traduit. Pourtant l’intérêt de la société philosophique en Russie pour les recherches françaises contemporaines s’accroît sans cesse : de nombreuses publications, ainsi que les conférences et les recherches internationales en témoignent.

Une signification particulière est donnée à la traduction russe des textes d’Emmanuel Levinas puisqu’il s’agit de sa langue natale. S’il a rédigé tous ses textes en français, son interprétation de la phénoménologie et son développement de l’éthique reposent en partie sur sa culture russe, comme le montrent les constants renvois aux grands textes de la littérature qui côtoient les références aux sources hébraïques. Ainsi la traduction de sa pensée en russe apparaît comme un retour dans cette même culture qui s’est trouvée à son origine. Le projet de collaboration franco-russe, bien plus qu’une simple promotion de la phénoménologie française à l’étranger, permet de relire ces textes dans leurs différentes dimensions culturelles et d’y trouver de nouvelles pistes pour la recherche. En engageant sa traduction, dans un échange où peuvent se réentendre l’accent et la scansion si particuliers de la parole de Levinas, la diffusion de la phénoménologie pourrait bien être dépassée par la réflexion elle-même. Ainsi ce projet de traduction appelle-t-il à une interrogation de la langue dans de nouveaux horizons.

La perspective de publication conjointe des traductions et des travaux des spécialistes russes et français développant les problèmes posés par la phénoménologie française permettra à ce projet de dépasser le cadre de l’histoire de la philosophie. La traduction et les échanges proposés dans le cadre du colloque ont pour but de se compléter : à travers le rapport avec le texte, de nouvelles perspectives de compréhension se dégageant et, réciproquement, les discussions révélant de nouvelles dimensions textuelles.

Le colloque

Les rencontres que nous proposons sur le thème « Retrouver un sens nouveau : rencontrer l’imprévisible », ont pour but d’ouvrir une réflexion sur le rapport à l’inconnu à partir des textes issus de la phénoménologie française, principalement de Levinas, Henry, Marion et Maldiney.

S’agit-il de rencontre ou de retrouvaille ? La relation avec l’extérieur se trouve au coeur de ce courant de la phénoménologie. Cette tension entre l’intériorité et l’extériorité est l’endroit d’une mise en question de l'épreuve de la subjectivité. Où situer la relation avec l’autre dans le processus de formation du sujet ? Où commence l’extériorité ? Dans quel sens la limitation du moi permet-t-elle la possibilité d’être excédé par l’autre ? Quelle est la place de l’affectivité dans la vie subjective et que signifie l’accent mis sur la passivité du sujet ?

Ces questions se posent dans toute leur radicalité chez Levinas, Henry, Marion et Maldiney : la rencontre avec autrui suscite la réflexion sur la position du sujet. Déplacer la problématique de la conscience, de l’intentionnalité et de la signification sur le plan de l’existence, sans réduire la vie du sujet à la pensée comprise comme intellection constitue leur point de départ commun. La question du surgissement d’un sens nouveau rejoint la mise en jeu de la dimension affective d’où la volonté de penser les tensions qui animent la possibilité d’accueillir ce qui diffère. Mais comment recevoir l’imprévisible ? Où chercher un sens nouveau ? Et comment penser l’inconnu ?

Avec l’intention de croiser les lectures de Levinas, Henry, Marion et Maldiney, ce colloque tend à reprendre les analyses phénoménologiques de l’altérité mais pour dépasser l’approche classique, en se penchant particulièrement sur la question du sens et sur le rapport entre vie subjective et vie sociale. La rencontre entre spécialistes de différents horizons pourrait permettre d’explorer des perspectives et des interprétations nouvelles. En même temps, c’est en revenant à la lecture des textes que des pistes de travail originales pourront être frayées.

Les discussions ouvertes lors de ce colloque serviront de départ au projet de traduction afin de constituer un ensemble de réflexions qui se répondent dans un dialogue vivant. Ce colloque tend à créer une dynamique de réflexion dans laquelle différentes approches s’entrecroisent : ces rencontres laisseront une part importante à la discussion pour permettre des échanges à la fois féconds et approfondis.