Appel à contribution : Hybride, trans-humain, post-humain

Pour la Revue Chimères n°75 – Date limite : fin février

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Le prochain numéro de Chimères tentera de dresser une cartographie critique et clinique de ces différentes voies, entre post-humains, trans-humain, et hybridations proposant de mélanger biologie et technologie, cybernétique et corporéité.

Trans-humain, post-humain, cyber.machin : bien des rengaines, les unes catastrophistes, les autres exaltant la venue d’un surhomme technologique, au lieu de réfléchir sur les transformations réelles et sociales de nos affects, de notre clinique politique. La technologie ambiante fait partie intégrante de nos paysages sociaux, et il n’existe pas « une » subjectivité humaine indépendante des dispositifs techniques dans lesquels nous vivons. Ces processus industriels agissent sur nos modes de perception, d’agir, de communiquer, entretiennent également notre fascination, mêlant la techno-science à de nouvelles formes de biopouvoir.
Les lobbys transhumanistes sont en plein essor, des laboratoires prospèrent et reçoivent des fonds colossaux pour développer des dispositifs inédits (la gérontechnologie, surveillance à distance des personnes âgées) ou des technologies à la pointe de l’armement (exosquelettes, robots militaires, auto-réparation du soldat, etc.).
En parallèle, la cybernétique, la PNL, la psychologie cognitive, prennent de plus en plus d’ascendant et redéfinissent la psyche contemporaine à partir des mêmes paradigmes techno-scientifiques. Les sectes, scientologues, Raël, etc, misent également sur cet avenir et recrutent en jouant de ce fond de commerce post-humain.
Si le post-humain ou le trans-humain servent à réintroduire le progrès par la fenêtre, nous nous inscrivons dans une autre perspective, celle de l'hybridation. Elle pose le problème du mixte nature-technique, et de ses enjeux politiques, moins une perfectibilité technique qu'une immersion dans un corps-réseau. Cette connexion de la subjectivité ne place pas le sujet dans la machine (Ipod, portables, twitter, facebook) ni la machine dans le corps (nanorobot, implants, prothèses, puces, Wii Fit) mais inaugure une insertion du sujet dans un mouvement de subjectivation sous la forme de variations multiples du soi. La multitechnicité du corps contemporain définit une pluripotentialité (cellules souches, recalibration des images du corps, modification du schéma corporel) en faisant découvrir au sujet de nouveaux modes de performativités. Le queer, les technotesto, le dopage, le métissage, la mixité sexuelle, l'interdisciplinarité numérique créent de nouvelles aptitudes dont le sujet s'ignorait capable tant le déterminisme idéologique des habitus limite chacune(e) dans des techniques du corps contenantes plutôt qu'émergentes.

http://www.revue-chimeres.fr/

Colloque : Figures du maître

du 19 janvier 2011 au 21 janvier 2011 - Université de Toulouse-Le Mirail, Toulouse

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La figure du maître n'a cessé d'évoluer, de l'Antiquité à l'époque moderne et la relation entre le maître et l'élève a toujours engagé, de la part de ce dernier, une constante recherche d'équilibre entre la dépendance et l'autonomie, entre le respect de l'autorité et la révolte, pour l'affirmation d'un « moi » face à un « Vous » qui le précède et le forme.

De nombreuses études ont été consacrées aux enjeux culturels, sociaux, politiques et psychologiques de ce « lien d'âme » qui s'instaure entre le maître et l'élève. Mais la complexité de ce rapport a mené souvent les auteurs à restreindre le champ temporel et/ou spatial de l'enquête. Nous nous proposons d'interroger la figure du maître dans une perspective diachronique et interdisciplinaire, afin de faire apparaître la richesse de ses fonctions et de ses représentations, et d'en comprendre l'impact sur la transmission des savoirs.

Les spécialistes engagés dans ce colloque tenteront de réfléchir, par des approches historiques, symboliques et anthropologiques, au statut du maître et à son rôle de passeur du savoir dans la longue durée. Les études théoriques se conjugueront avec des contributions plus spécifiques, consacrées aux modèles d'auctoritas que la littérature pédagogique, les documents historiques, les études anthropologiques et les arts figuratifs ont proposés (ou écartés) afin de définir, promouvoir, questionner ou dévaloriser une civilisation.

> programme

Journée d’études « Les sciences sociales à l’épreuve de Spinoza »

14 janvier 2011, Tours (Journée d’études prévue initialement le 22 octobre 2010 et reportée au 14 janvier 2011.)

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Au moment où plusieurs travaux mettent en évidence la fécondité du dialogue entre la pensée de Spinoza et les sciences sociales (on pense notamment au colloque « Spinoza et les sciences sociales » du 9 avril 2005, et au livre collectif Spinoza et les sciences socialesdirigé par Yves Citton et Frédéric Lordon), cette journée d’études s’attache plus particulièrement à explorer la fonction critique de ce dialogue. Il s’agit donc de mettre les ressources de la philosophie classique au service d’une élucidation critique de certains présupposés théoriques des travaux en sciences sociales : l’anthropologie, la sociologie, la science politique, l’économie, la psychanalyse, etc…

Ce dialogue critique sera organisé selon deux axes transversaux : la matinée se penchera plus spécifiquement sur les logiques de socialisation, le rapport de l’individu au collectif. Ici le dialogue avec l’anthropologie et la psychanalyse sera privilégié. L’après-midi  sera consacrée à l’élucidation de la relation que les institutions et les passions entretiennent. Si l’on peut concevoir que les institutions politiques donnent forme, une forme viable, au jeu des passions, la lecture spinoziste permet d’interroger la manière dont les passions « informent » les institutions,  c’est-à-dire, comment ces passions peuvent les faire naître et comment la vie des institutions même se trouve conditionnée par ce jeu des passions.

Cette journée d’études est organisée par le département de philosophie de l’Université François-Rabelais de Tours et le laboratoireSophiapol (Paris Ouest Nanterre La Défense), avec le soutien de l’Ecole Doctorale 139.

> programme

Séminaire Erraphis/Europhilosophie 2011 – Cannibales et territoires

Dans le cadre de la mise en place du projet de Doctorat International « Philosophies contemporaines », l’ERRAPHIS organise en 2011 un séminaire doctoral transdisciplinaire, ouvert aux chercheurs en Lettres, Arts et Sciences Humaines et Sociales.

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Le séminaire, appuyé sur les chapitres 10 et 12 de Mille Plateaux de Gilles Deleuze et Felix Guattari (« Devenir-animal, devenir-intense, devenir imperceptible » et « Traité de nomadologie : la machine de guerre »), comporte deux moments qui mobilisent chacun les champs disciplinaires des Lettres et des Arts comme des Sciences humaines et Sociales pour autant qu’ils se référent eux-mêmes au texte deleuzo-guattarien et sont l’occasion d’en éclairer les enjeux théoriques, épistémologiques et politiques.

- Le premier moment, « Métaphysiques et politique cannibales (Philosophie, Art, Anthropologie, Politique, Biologie) » prend pour point de départ le livre de l’anthropologue brésilien, Eduardo Viveiros de Castro, Métaphysiques cannibales, qui se réclame également de Mille Plateaux et de l’anthropologie structurale de Levi-Strauss. Il comporte quatre séances d’une demi-journée les jeudi 6 (9h-12h et 14h-17h), vendredi 7 (9h-12h) et vendredi 28 (14h17h) janvier 2011 + une demi-journée (14h-17h) le 27 février sur le site de l’exposition « Tous cannibales. » organisée par Jeanette Zwingenberger à La Maison Rouge.

- Le second moment, « Penser en territoires : les investissements anomiques de l’espace (Philosophie, Lettres, Géographie, Sociologie, Clinique », est consacré aux investissements anomiques de l’espace. Il met le concept deleuzien de territoire à l’épreuve de l’épistémologie de la géographie, de l’anthropologie des espaces sacrés, de la théorie foucaldienne des espaces disciplinés et des hétérotopies. Il comporte quatre séances d’une demi-journée (14h-17h) les vendredis 18 février, 18 mars, et le jeudi 26 mai 2011 toute la journée + une journée d’étude sur "Transversalités à partir de Felix Guattari" le vendredi 27 et le samedi 28 mai, organisée par Marco Rampazzo Bazzan (ERRAPHIS), Guillaume Sibertin-Blanc (ERRAPHIS) et Florent Gabarron-Garcia (Université Paris VII) (programme à déterminer).

http://www.europhilosophie.eu/recherche/?lang=fr

Leur histoire et la nôtre (I) : le métier d'historien

8 janvier 2010 – Journée d'étude co-organisée par les départements de philosophie et d'histoire de l'École normale supérieure dans le cadre de la préparation à l'agrégation de philosophie. – ENS Paris Salle des Actes, 9h30

Présidence : Jean-Claude Monod (Ecole Normale Supérieure, Archives Husserl)

9h30-10h15 : Gilles Pécout (Ecole Normale Supérieure, Ecole Pratique des Hautes Etudes)_ « Les périodisations des historiens ».

10h15– 11h00: Déborah Cohen (Université de Provence)  – « L'historien et l'archive: au risque de l'empirie ».

11h00– 11h15 : pause

11h15 – 12h00: Michèle Riot-Sarcey (Université Paris VIII) – « L'expérience du passé entre continuité et discontinuité historique ».

Présidence : Gilles Pécout (Ecole Normale Supérieure, Ecole Pratique des Hautes Etudes)

14h00-14h45 : Jacques Revel  (EHESS) – « Penser par série, penser par cas ».

14h45-15h30: David Schreiber (Ecole Normale Supérieure) – « Histoire et littérature: y a-t-il une poétique de l'histoire? »

15h30-15h45 : pause

15h45-16h30 : Antoine Lilti (Ecole Normale Supérieure) – « L'historien a-t-il des objets ?  Contextualisation, historicité, présentisme ».

Organisation et contact :

Stéphanie Dupouy (Stephanie. Dupouy@ens.fr) et Florian Nicodème (florian_nicodeme@yahoo.fr)

Le commun comme processus de subjectivation

Enregistrements de la deuxième séance intitulée « Le commun comme processus de subjectivation » du séminaire « Du public au commun » faits mercredi 15 décembre, 2010 à la Maison des Sciences Économiques, Paris

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> Enregistrements mp3 disponibles ici

Présentation du séminaire (rappel)

Contribuer à frayer de nouvelles voies à la pensée sociale et politique, telle est l’ambition du séminaire « Du public au commun » qui se tiendra en 2010-2011 à Paris.

Le défi n’est pas mince. La logique néolibérale de privatisation et de concurrence s’est épanouie sur les ruines du « socialisme » et du « communisme » dans leurs expressions historiques étatiques. Qu’il ait été dicté par la résignation ou par le calcul, le consentement à cette logique a conduit à la destruction de toute opposition consistante. Lui opposer les morceaux dépareillés des « systèmes » idéologiques et théoriques anciens relèverait d’une impasse historique. En particulier, il serait stérile de s’enfermer dans une posture de « défense des services publics » qui condamnerait à camper sur une position purement défensive. La crise actuelle du système capitaliste nous impose d’ouvrir une alternative qui soit à la hauteur de ses enjeux et qui permette à la gauche de reprendre l’offensive sur le terrain des idées.

Nous sommes convoqués à penser autrement l’avenir, à penser avec de nouveaux concepts. Le « commun » n’est pas un spectre, il est une idée neuve. Le terme n’est pas un slogan simplificateur et commode, il désigne bien plutôt un espace de problèmes, il n’est pas une réponse, mais un champ de questionnement. Il veut dire tout à la fois un refus et une intention.

Un refus : nous ne sommes pas condamnés à l’alternative du Marché et de l’État, du privé et du public, pour penser l’organisation des sociétés. Cette opposition qui structure la « pensée dominante » est celle des alternances politiques et des luttes pour le pouvoir, non celle des processus réels de création et de production, des pratiques de lutte, des objectifs de transformation que le mouvement social est en mesure de se donner aujourd’hui. Elle s’épuise d’avoir trop souvent servi à justifier la défense des prérogatives de l’administration bureaucratique. Elle est de plus artificielle : l’Etat lui-même est en train de se transformer en entreprise selon les canons de la gouvernance du corporate state. Elle est enfin largement réductrice au regard de l’histoire entière du mouvement ouvrier : de l’association à l’autogestion en passant par les conseils ouvriers, ce mouvement a bien souvent porté le refus de l’opposition du Marché et de l’État.

Une intention : la magie des mots ne sera d’aucun recours. Construire le concept de « commun » suppose pour nous de se déprendre d’une conception métaphysique pour le concevoir comme une production, de revenir à l’histoire des « commons » et de clarifier les discussions théoriques auxquelles ils ont donné lieu, d’examiner rigoureusement les pratiques réelles de co-production et de coopération dans de multiples champs, de considérer avec soin les implications et traductions sociales, politiques et juridiques du « commun » en termes de droits collectifs, de penser ce que peuvent être les normes et les modes de subjectivation qui relèveraient de ce « commun », de comprendre ce que pourrait être le passage du public au commun à partir de la production de nouvelles normes, et donc d’affronter la question de l’institution du commun.”

http://dupublicaucommun.blogspot.com

Sens et sensibilité phénoménologiques

par Étienne Bimbenet – A propos du livre de Claude Romano, “Au cœur de la raison, la phénoménologie”. Gallimard (Folio Essais), 2010

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“ La phénoménologie est peut-être en passe de vivre une troisième phase de son histoire. Après la « phénoménologie historique » des fondateurs (Husserl et Heidegger) et de leurs continuateurs, plus ou moins fidèles à l’inspiration initiale (Fink, Gadamer, Sartre, Merleau-Ponty, Henry, Levinas) ; après le retour en force de la phénoménologie dans les années 1980 et 1990, cette fois comme objet d’un commentaire historien et d’une exégèse savante ; voici venir apparemment le temps d’une phénoménologie à nouveau opérante, ambitionnant de redevenir une méthode d’investigation privilégiée dans le champ des phénomènes humains. Redevenue conquérante, on la voit ainsi depuis quelques années se confronter, dans un dialogue constructif, à des courants de pensée traditionnellement considérés comme concurrents, à commencer par la philosophie analytique (J. Benoist, D. Fisette), ou la philosophie de l’esprit (S. Gallagher, A. Noë). Le dernier ouvrage de Claude Romano vient clairement s’inscrire dans ce paysage renouvelé (…)”

> lire la critique sur La vie des idées

Ecole Doctorale Michel Foucault. Appel à contributions

Les 27, le 28 et le 29 avril 2011 à l’IMEC, Caen

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L’Association pour le Centre Michel Foucault propose, pour la troisième année consécutive, avec l’aide de la Fondation de France une école doctorale visant à réunir les doctorants travaillant sur, avec et autour de la pensée de Michel Foucault.

L’objectif est, comme les années précédentes de mettre en relation, le plus agréablement possible et de manière assez informelle, les jeunes chercheurs afin de constituer un réseau de travail national et international.

Cette rencontre aura lieu les 27, le 28 et le 29 avril 2011 à l’IMEC, à l’abbaye d’Ardenne à Caen (avec une arrivée l’après-midi du premier jour et un départ le 29 en fin de journée).

Les frais de séjour sur place et les billets Paris-Caen-Paris seront offerts aux intervenants par l’Association pour le Centre Michel Foucault.

Pour que les échanges puissent être les plus féconds possibles - et compte tenu des capacités d’accueil de l’abbaye – nous limitons le nombre de participants, ce qui impliquera nécessairement un choix de notre part.

Les doctorants ayant participé les années passées aux journées pourront bien entendu décider d’y assister, mais la priorité sera donnée aux nouveaux intervenants et à ceux qui, les années précédentes n’avaient pu être choisis. Les propositions d’intervention (une page maximum), portant soit sur une question particulière de votre travail de thèse, soit sur un problème méthodologique précis, devront nous être envoyées avant le 1er février 2011.

En fonction des demandes, nous établirons et diffuserons un programme courant février. N’hésitez pas à nous contacter pour toute question. Très cordialement,

Philippe Artières, Jean-François Bert, Luca Paltrinieri Mathieu Potte-Bonneville, Judith Revel, Ferhat Taylan

Contact :

Luca Paltrinieri : l.paltrinieri@gmail.com

Ferhat Taylan : ferhattaylan@gmail.com

Roland Barthes : “Comment vivre ensemble” et “Le neutre” – Documents audio

Disponibles sur : http://ubu.com/sound/barthes.html

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Fichies mp3 téléchargables

NOTES on "Comment vivre ensemble"

The audio material available here represents the whole lectures given by Barthes during his first 2 years' teaching at the Collège de France in 1977 and 1978, and also his inaugural lecture about the question of power (and the way it is inscribed in the core of the language). (…)

NOTES on "Le Neutre"

Just as the previous year's teaching about the living-together did, the 1978 's lectures originated from one of Bathes's personal fantasies : Neutral, the desire of Neutral. This is not a recent concern since Writing degree zero in 1953 already dealt with this subject. (…)

> suite

Cours de philosophie : Philosophia & l'Université Populaire de Nantes – “Agir”

Les mercredi 5, 12, 19 et 26 janvier 2011 de 18h30 à 20h.

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Programme 2011 : « AGIR »

Avec  : Evelyne Guillemeau, Ghislain Le Gousse, Cyrille Michon, Yvon Quiniou.
Entrée : 3 € la séance (hors inscription pour tout le cycle à l'Université Permanente).

Mercredi 5 janvier à 18h30
Ghislain Le Gousse
Ghislain Le Gousse est agrégé de philosophie, doctorant à l'Université de Nantes, et Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche à l'Université de Rouen.
Liberté et pouvoir d'agir autrement
De nombreux philosophes ont caractérisé la liberté comme un "pouvoir d'agir autrement".
Selon cette conception, j'ai accompli une action librement seulement s'il m'était possible de ne pas l'accomplir. On se demandera ce que signifie une telle idée, et plus particulièrement, si elle est compatible avec l'hypothèse que le comportement humain est intégralement régi par des lois de la nature déterministes

Mercredi 12 janvier à 18h30
Evelyne Guillemeau
Evelyne GUILLEMEAU est professeure de philosophie, agrégée et Docteur en philosophie. Elle enseigne en France après avoior enseigné au Portugal et au Brésil. Elle a publié de nombreux articles notamment autour de la philosophie de Spinoza.
Agir et non agir (wei et wu wei) ou ne pas confondre « ne rien faire » et « que rien ne soit fait » (wu wei er wu wei)
De Homère aux westerns de John Ford, la figure du héros, de l'homme d'action impose le modèle de la vita activa comme catégorie centrale de la philosophie occidentale moderne qu'on peut résumer par la profession de foi fichtéenne : « Agir, agir, voilà pourquoi nous sommes là ! ». Comment interroger ce modèle sans l'inscrire définitivement dans la dualité traditionnelle de la contemplation et de l'action ? Essayer d'échapper à cette antinomie présupposée n'implique-t-il pas un exercice d'éloignement culturel ? Tel sera le point d'écartement fourni par la pensée taoïste, une des voies de la sagesse chinoise

Mercredi 19 janvier 2011 à 18h30
Cyrille Michon
Cyrille Michon est professeur de philosophie à l'Université de Nantes. Il a traduit le livre d'E. Anscombe, L'Intention (Gallimard 2002), et vient d'éditer avec R. Pouivet Philosophie de la religion, Approches contemporaines (Vrin 2010).
Agir et raisonner
D'un côté nous sommes bien convaincus qu'il y a des actions rationnelles, que nous raisonnons, faisons des plans, adoptons des stratégies sur le court ou le long terme, et nous savons qu'il y a des théories de la décision rationnelle. D'un autre côté, nous distinguons théorie et pratique, le domaine de la connaissance et du raisonnement et le champ de l'action et de la prise de décision, et nous les rattachons à des dispositions différentes (la raison et la volonté), au point que l'une peut préparer l'autre, que l'action peut s'appuyer sur des raisonnements, mais qu'elle s'en distingue radicalement. L'idée de "raison pratique" pourrait donc sembler contradictoire ou ne pouvoir signifier qu'un raisonnement en vue de l'action, un calcul théorique sur les meilleures options, mais pas une raison dans et de l'action. En suivant une perspective ouverte par Aristote et reprise par Elizabeth Anscombe, et en France par Vincent Descombes, je voudrais néanmoins exposer une telle conception de la raison pratique et de l'impossibilité de dissocier l'action de la raison.

Mercredi 26 janvier 2011 à 18h30
Yvon Quiniou
Ancien professeur de classe préparatoire, Yvon Quiniou est agrégé de philosophie et docteur en philosophie. Il a publié de nombreux ouvrages sur le matérialisme, la morale et la politique, dont, récemment, L'ambition morale de la politique. Changer l'homme ? (L'Harmattan).
Agir moralement en politique
Impliquer la morale dans l'action politique est une urgence face au monde d'aujourd'hui. Encore fut-il la distinguer de l'éthique, s'assurer de son existence et montrer qu'elle ne s'applique pas seulement aux rapports interindividuels mais à l'ensemble des rapports sociaux. Elle s'incarne alors dans un droit dont les exigences doivent  régler non seulement la vie politique(au sens étroit de l'expression), mais la vie sociale et la vie économique.

http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/

France culture, cette semaine : cinq émissions sur Arthur Schopenhauer. Invité : Peter Sloterdijk

Nouveaux Chemins de la Connaissance. Du 20 au 24 décembre Rediffusion.

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24.12.2010 - Les Nouveaux chemins de la connaissance
Arthur Schopenhauer 5/5 : son esthétique (rediffusion)

"La vie n'est jamais belle ; seules les images de la vie sont belles." Schopenhauer Avec Christophe Salaün (1ère diffusion du 7 au 11 décembre 2009).   Une semaine spéciale du Journal des Nouveaux Chemins avec pour seul invité le philosophe Peter Sloterdijk (1ère diffusion du 8 au 12 mars 2010).     Réalisation : François Caunac et Mydia Portis-Guérin Lecture de textes : Georges Claisse

23.12.2010 - Les Nouveaux chemins de la connaissance
Arthur Schopenhauer 4/5 : Schopenhauer et Nietzsche (rediffusion)

"...Schopenhauer, tout pessimiste qu'il était, jouait véritablement - de la flûte...Tous les jours, en sortant de table: qu'on lise les biographes sur ce point. Et pour le demander en passant: un pessimiste, niant Dieu et le monde, qui s'arrête face à la morale,- qui dit oui à la morale et lui joue un air de flûte, à la morale du laede neminem : comment? est-ce véritablement un ...

22.12.2010 - Les Nouveaux chemins de la connaissance
Arthur Schopenhauer 3/5 : Schopenhauer et Kant (rediffusion)

"Kant a bien mérité de la morale en un point: il l'a purifiée de tout souci du bonheur, de tout eudémonisme." Schopenhauer, Le fondement de la morale. Avec Vincent Stanek (1ère diffusion du 7 au 11 décembre 2009).   Une semaine spéciale du Journal des Nouveaux Chemins avec pour seul invité le philosophe Peter Sloterdijk (1ère diffusion du 8 au 12 mars 2010).     Réalisation : François ...

21.12.2010 - Les Nouveaux chemins de la connaissance
Arthur Schopenhauer 2/5 : son pessimisme (rediffusion)

"Ma philosophie ne m'a rien rapporté, mais elle m'a beaucoup épargné." Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie. Avec Jean Lefranc (1ère diffusion du 7 au 11 décembre 2009).   Une semaine spéciale du Journal des Nouveaux Chemins avec pour seul invité le philosophe Peter Sloterdijk (1ère diffusion du 8 au 12 mars 2010).     Réalisation : François Caunac et Mydia Portis-Guérin ...

20.12.2010 - Les Nouveaux chemins de la connaissance
Arthur Schopenhauer 1/5 : l'homme (rediffusion) 59 minutes

"La vie d'un homme n'est qu'une lutte pour l'existence avec la certitude d'être vaincu." Schopenhauer, Pensées et fragments  Avec Roger-Pol Droit (1ère diffusion du 7 au 11 décembre 2009).  Une semaine spéciale du Journal des Nouveaux Chemins avec pour seul invité le philosophe Peter Sloterdjik (1ère diffusion du 8 au 12 mars 2010).     Réalisation : François Caunac et Mydia Portis-Guérin ...

Totalité et Infini, une oeuvre de ruptures

Colloque International, 9 au 11 mai 2011, Paris

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Il est désormais reconnu que Totalité et Infini est l’un des ouvrages philosophiques les plus marquants du XXe siècle. Cela tient à sa double nature. D’un côté, cet ouvrage s’inscrit résolument comme partie prenante aux débats qui traversent toute l’histoire de la pensée philosophique, particulièrement sous la forme qu’ils ont prise à notre époque. De l’autre, il introduit dans cette tradition une rupture initiale qui s’étend rapidement à d’autres domaines, bien au-delà de la seule philosophie, de sorte que l’on peut bien définir Totalité et Infini comme œuvre de ruptures selon l’intitulé de notre colloque.

Dans Ethique et Infini, Levinas rend hommage à Rosenzweig, précisant que c’est dans cette philosophie « que j’ai rencontré pour la première fois une critique radicale de la totalité. ». C’est chez Rosenzweig, ajoute-t-il, qu’il va découvrir  « une ouverture d’une toute autre voie dans la recherche du sensé. ». Cette rupture initiale, celle dont tout découle, consiste à donner à l’éthique, définie à partir de la relation à autrui et non plus comme recherche de perfection, le statut de « philosophie première », rompant ainsi avec la tradition qui depuis Aristote attribuait ce titre à la métaphysique générale et plus spécialement à l’ontologie. Cela conduit d’abord Levinas à préciser ce qu’il retient et par où il se démarque des penseurs qui l’ont précédé, Platon, Aristote, Plotin, Descartes, Leibnitz, Spinoza, Kant, Bergson, Hegel, Husserl, Heidegger, Buber, pour ne citer que les plus importants présents dans Totalité et Infini. Quittons la philosophie pure. Conséquence de son geste initial, Levinas est amené à rejeter toute forme de théologie se présentant comme dogme, comme mystique ou même comme connaissance ou recherche de connaissance sur Dieu. Les énoncés théologiques n’ont désormais de sens que relativement aux relations interhumaines. La pensée des Droits de l’homme ne se fonde plus sur l’idée d’une nature commune aux êtres humains, nature à respecter et dont il faudrait garantir l’épanouissement, mais sur « les droits de l’autre homme », sans référence à un concept commun englobant le moi et autrui. L’essence profonde du langage ne réside pas dans l’échange d’informations ni même dans sa dimension dialogale où disparaît la dissymétrie de la relation à autrui, autrui qui est un vous bien plutôt qu’un tu. Ce ne sont là que quelques exemples de ruptures, conséquences de ce que l’on peut bien appeler la « révélation  du  visage » d’autrui, pour reprendre les termes de Levinas. En réalité c’est l’ensemble des notions qui décrivent l’humain qui voient leur signification et leurs relations transformées et notamment la politique, la science, la technique, l’enseignement, l’amour.

Ce colloque, consacré à Totalité et Infini, marque le cinquantenaire de sa publication. Au-delà de l’hommage, l’enjeu de cette manifestation est d’inviter les intervenants à interroger les différentes ruptures que cette œuvre impose.

http://www.sirel-levinas.org/

Congrès international : Nietzsches Vorreden / 13-15 juillet 2011

GROUPE INTERNATIONAL DE RECHERCHES SUR NIETZSCHE

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> programme provisoire

Prochain colloque Espaces-Marx : Une Crise de civilisation ?

En partenariat avec Transform ! et la fondation Gabriel Péri. – Les 28 et 29 Janvier 2011 Espace Niemeyer 6 avenue Mathurin Moreau 75019 Paris

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Les crises actuelles - économique, sociale, écologique, démocratique, idéologique - sont enchevêtrées. Elles marquent les impasses dans lesquelles conduisent non seulement un système capitaliste qui atteint des limites, mais aussi une conception des rapports des hommes à la nature et entre eux. Jamais la conscience de l’unicité du monde n’a été aussi forte. Peut-on vivre ensemble dans ce monde sans remettre en question les valeurs, les principes et les conceptions que, sous le nom de « mondialisation », le capitalisme occidental cherche à étendre au monde entier ? Ne faut-il pas penser au contraire une « mondialité » qui organise la vie en commun dans le respect du dialogue et le mélange des cultures ? Ne vit on pas, au total, une crise de civilisation qui en appelle une conception radicalement nouvelle ?

les 28 et 29 Janvier 2011 Espace Niemeyer 6 avenue Mathurin Moreau 75019 Paris

Vendredi 28 janvier 17h – 19h

Séance d’ouverture avec :

Geneviève Azam, Universitaire, économiste Ariane Mnouchkine, Fondatrice et animatrice du « Théâtre du Soleil » Immanuel Wallerstein, Historien et Sociologue Jean Ziegler, Sociologue, Vice-Président du comité consultatif des Droits de l’Homme de l’ONU. Patrick Chamoiseau, Ecrivain (en attente de confirmation).

20h – 22h30 Crise du Capitalisme : quelle crise ? Jean Christophe Le Duigou, Syndicaliste Michel Husson, Economiste, chercheur à l’IRES Pedro Paez, Ancien ministre de l’économie de l’Equateur et coordinateur de la « Banque du Sud » Stéphanie Treillet, Economiste, Fondation Copernic

Samedi 29 janvier

9h30 – 12h Quelle nouvelle conception du développement humain ?

Nasser Mansouri, Syndicaliste, membre du C.E.S Frédéric Lebaron, Sociologue, Université de Picardie Aurélie Trouvé, Ingénieur agronome, co-Présidente d’Attac France Marisa Matias, Sociologue, Députée européenne de la GUE, Portugal

14h – 16 h30 Une nouvelle démocratie du local au mondial

Céline Braconnier, Chercheuse en sciences politiques Michèle Descolonges, Sociologue, Université Paris X Nanterrre, Présidente de l’ASTS. Maryse Dumas, Syndicaliste Marcel Gauchet, Philosophe, rédacteur en chef de la revue « le débat »

17h – 19h30 Les nouvelles conditions de la lutte des classes

André Tosel, Philosophe Isabelle Garo, Philosophe François Micquet-Marty, Politologue et Président de l’institut Viavoice Joachim Bischoff, Conseiller de Hambourg, éditeur de la revue Sozialismus

contact : Marie-Pierre Boursier 06.74.45.15.87 mariepierreboursier@espaces-marx.org

Journées « propédeutiques » au tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau en 2012

Janvier et février 2010

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GRENOBLE 12 janvier 2011 9 h - 17 h Lieu: CRDP de Grenoble

  • Bruno BERNARDI (Professeur agrégé de philosophie - Lycée Thiers à Marseille)

Culture et corruption : les relations de causalité dans le Discours sur les sciences et les arts de J.J Rousseau

  • Michel DELON (Professeur des universités - Paris IV Sorbonne)

La jouissance chez Rousseau

  • Jacques BERCHTOLD (Professeur des universités - Paris IV Sorbonne)

Statut et usages de l’histoire antique dans le discours sur les arts et les sciences de Jean-Jacques Rousseau          

  • Ateliers/table ronde

LYON 19 janvier 2011 9 h – 17 h Lieu : Bibliothèque de la Part-Dieu

  • Violaine GERAUD (Professeur des universités - Lyon III Jean Moulin)

Rousseau, un style en rupture de ban

  • Robert DAMIEN (Professeur des universités - Paris X Nanterre)            

Rousseau et les livres

  • Ateliers/table ronde

CHAMBERY 2 février 2011 9 h – 17 h lieu: salle Jean Renoir

  • Pierre SABY (Professeur des universités - Lyon II Lumière)

Jean-Jacques Rousseau et la musique : de la pratique à la théorisation et inversement. Regards sur la cohérence d’une pensée.

  • Michael O’DEA (Professeur des Universités - Lyon II Lumière)

Les deux origines du langage : ou comment l’Essai de Rousseau s’ouvre sur la musique et l’anthropologie

  • Ateliers/table ronde

LYON 10 février 2011 9 h – 17 h Lieux : Lycée du Parc / Jardin botanique

  • Daniel JACOBI (Professeur des universités - Vaucluse)

Rousseau botaniste

  • Yves JEANNERET (Professeur des Universités - Paris IV Sorbonne)

Public, publicité, espace public : postérités ambigües de Rousseau et de Kant

  • Etienne CANDEL (Maître de conférence CELSA Paris IV Sorbonne)

Penser les réseaux avec et sans Rousseau

  • Ateliers/table ronde

Contact : action.culturelle@ac-grenoble.fr

Congrès International de la « Hegelvereinigung » : la liberté

22-25 juin 2011. Stuttgart, Allemagne

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Comme tous les six ans la « Hegelvereinigung » organise en 2011 son congrès international, qui a traditionnellement lieu à Stuttgart. Il a pour but de rassembler des philosophes de tous les pays pour discuter d’un concept central de la philosophie hégélienne. Le concept proposé sera cette année le concept de liberté.

Intervenants :
David Bakhurst, Harald Bluhm,
William Bristow, Daniel Brudney, Hauke Brunkhorst, Thomas Buchheim, Andrew
Chitty, Giuseppe Duso, Dina Emundts, Franck Fischbach, Lisa Herzog, Gunnar
Hindrichs, Axel Honneth, Stephen Houlgate, Rahel
Jaeggi, Jean-Francois Kervégan, Andrea Kern, Rudolf Langthaler,
Charles Larmore, Cardinal Karl Lehmann, Marcus Llanque, Steven Lukes,
Scott Meikle, Francesca Menegoni, Christoph Menke, Fred Neuhouser, Andrew
Norris, Angelica Nuzzo, Claus Offe, Philip Pettit, Terry
Pinkard, Michael Quante, Birgit Recki, Paul Redding, Peter Rohs,
Michael Rosen, Sebastian Rödl, Hans-Christoph Schmidt am Busch, Sally
Sedgwick, Martin Seel, Ludwig Siep, Pirmin Stekeler-Weithofer, Robert
Stern, Holm Tetens, Dieter Thomä, Peter van Inwagen, R. Jay Wallace, David
Wellbery and Marcus Willaschek.

Le congrès s’articule en douze sections :

Liberté et première nature, liberté et seconde nature, liberté et déterminisme, liberté sociale et liberté individuelle, la liberté comme autonomie, liberté républicaine, liberté et marché, liberté et droit, libération, actualité de la philosophie du droit de Hegel, liberté esthétique, religion et liberté.

Une possibilité sera donnée aux jeunes chercheurs de présenter leurs travaux à l’occasion de trois ateliers libres, dirigés par Andreas Arndt, Rolf-Peter Horstmann et Beatrice Longuenesse. Pour l’appel à contribution (à venir) cf.
http://www.hegel2011.de/de/cfp.php.

Le congrès accueillera également, et pour la première fois de son histoire, un atelier de traducteurs animé par Jean-Pierre Lefebvre.
Vous pouvez contacter le comité de l’organisation du congrès sous
l’adresse suivante : info@hegel2011.de

Le principe de majorité : nature et limites

par Pasquale Pasquino

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“ L’existence de Cours constitutionnelles dans la plupart des pays d’Europe représente depuis la Deuxième Guerre mondiale le démenti le plus évident d’une « fixation » [1] sur le moment électoral, qui nous est présenté comme la clef de voûte unique et ultime de la légitimité des gouvernants dans nos systèmes politiques.

Partialité de la démocratie des modernes

L’analyse des théories du système représentatif moderne (que l’on a fini par appeler au XXe siècle « démocratie »), que ce soit celle de Hans Kelsen ou celle de Joseph Schumpeter, nous permet de dire, en simplifiant un peu, que ce que l’on a convenu d’appeler la démocratie des modernes consiste en ceci : les citoyens choisissent lors d’élections compétitives et répétées des représentants qui font des lois auxquelles ces mêmes citoyens doivent obéir. Les citoyens électeurs peuvent renvoyer ces représentants aux prochaines élections. C’est pour cela qu’on dit que ces derniers sont accountable, ou « politiquement responsables devant le suffrage », et ainsi de suite, d’élection en élection. C’est à peu près ce qu’écrivait l’abbé Sieyès au début de la Révolution française. À une importante exception près : Kelsen et Schumpeter intègrent l’un et l’autre à leur théorie le rôle essentiel des partis politiques, qui étaient absents ou plutôt mal vus par les doctrines des pères fondateurs du système représentatif aussi bien en France qu’aux États-Unis.

Voilà donc une description très simplifiée du gouvernement parlementaire anglais d’aujourd’hui ou de la Troisième et Quatrième République françaises. Malheureusement, cette doctrine ne décrit qu’une partie de la réalité institutionnelle qui caractérise des pays tels que les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, l’Inde, l’Afrique du Sud ou la France, dans ce dernier cas depuis les années 1970. Cette doctrine maintenant classique de la démocratie des modernes est très partielle du point de vue descriptif, tout d’abord, mais aussi du point de vue normatif – ce qui est plus gênant pour la philosophie politique, y compris pour la plus remarquable de toutes sur notre continent, celle de Jürgen Habermas.” (…)

> lire la suite sur la vie des idées

Michel Foucault Audio Archive

Enregistrements audio des cours de M.F. sur le site du Media Resources Center

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Recordings in French
Il faut défendre la société, 1976
Sécurité, territoire, population, 1978
Naissance de la biopolitique, 1979
Gouvernement de soi et des autres, 1983
Courage de la vérité, 1984

Recordings in English
Howison Lectures, 1980
Discourse & Truth : Parrhesia
Rabinow Seminar & Recordings

L'expérience philosophique entre création et innovation

Par Thierry Ménissier - Centre de recherche Philosophie, Langages et Cognition, UPMF – Grenoble 2

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Dans cette intervention (à l’invitation de la Maison de la Création de l’Université Stendhal et de Philippe Quinton, que je remercie), je voudrais réfléchir à l’émergence de la nouveauté en philosophie. Le terme pour désigner cette émergence – création ou innovation – fait question, et cette question concerne directement la représentation que l’on peut se donner de la philosophie. Le propos se concentrera sur deux dimensions : celle de l'émergence de la nouveauté dans et par l'expérience philosophique, celle du statut des concepts en tant que créations ou innovations significatives à différents niveaux.

Dans un premier temps, il me faut tâcher d’apporter une réponse à la question « qu’est-ce que la philosophie ? ».

Je définis la philosophie comme la connaissance par concepts : sa pertinence réside dans sa capacité à engendrer des notions à la fois générales et utiles [cf. Kant, 1986 : 85-146 : « Analytique des concepts »]. L’utilité des concepts tient à ce qu’ils permettent aux hommes de juger et d’agir. Pour prendre deux exemples modernes importants : sur le plan épistémologique, la notion de causalité, ou, sur le plan politique, celle decontrat social – deux notions qui font littéralement prendre leur sens à plusieurs autres, et là se joue leur « généralité » –, ont constitué de telles notions offrant des cadres mentaux et des ressources pratiques considérables pour la modernité tout entière. A ce titre, en dépit du fait qu’elle ne procède pas en mesurant ce qu’elle entreprend de connaître, donc en dépit du fait qu’elle ne s’insère pas dans le canon expérimental au sens strict du terme, la philosophie constitue une activité intellectuelle de référence pour les autres savoirs, pour les sciences exactes comme pour les sciences de l’ingénieur et pour les sciences humaines et sociales. De plus, elle se définit fondamentalement à la fois comme un savoir descriptif ou critique, et évaluatif ou prescriptif ; les concepts qu’elle propose doivent être appréhendés en fonction de leur capacité à faire connaître la réalité ou à l’interpréter, mais aussi en regard de leur potentiel d’amélioration de cette dernière. Les tensions entre le philosophe et la cité (selon le modèle instauré dès l’Antiquité) peuvent de ce fait être considérées comme structurelles pour un savoir invitant l’homme à se connaître pour vivre mieux [voir Strauss, 1987 : 158-159].” (…)

> lire la suite sur le blog tumulti e ordini

"Pensée noire" : modes d’emploi

Par Maxime Del Fiol – A propos de LA PENSÉE NOIRE ET L’OCCIDENT. DE LA BIBLIOTHÈQUE COLONIALE À BARACK OBAMA d’Anthony Mangeon (Ed. Sulliver)

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“Existe-t-il une pensée noire ? Est-elle distincte de la pensée occidentale ? Et quel sens donner à de telles formulations générales, qui s’emploient plus souvent qu’on ne le croit ? On n’annonce pas la couleur, en effet, lorsqu’il s’agit de pensée européenne, alors pourquoi spécifier le phénotype dès qu’il est question de penseurs africains ou  “afrodescendants” ? Par ces interrogations, abordées comme autant de précautions oratoires dans son introduction, Anthony Mangeon montre à quel point se joue là une part essentielle de la domination symbolique du monde blanc sur le monde noir. Nul besoin de préciser sa couleur de peau, quand on s’identifie spontanément à l’humanité ; à rebours, affirmer l’existence d’une “pensée noire”, c’était implicitement reconnaître que le même degré d’humanité n’était pas, en Occident, accordé aux Noirs de l’Afrique et de ses diasporas.” (…)

> lire sur nonfiction

Les Rencontres philosophiques de Gennevilliers (2010 – 2011) : Penser la scène / les scènes de la pensée

Théâtre de Gennevilliers, 41 avenue Grésillons, 92230 Gennevilliers

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Emmanuel Alloa invite quatre philosophes pour un dialogue sur leur rapport à la scène. Avec la complicité du public et dans l’esprit d’un échange véritable, il s’agit de réfléchir aujourd’hui sur les lieux où se façonne du commun, sur les scènes de l’évidence où émerge ce qui ne va pourtant pas de soi. Interroger, en somme, comment le théâtre peut être un laboratoire de formes encore à venir et se faire l’arène, virtuelle, de ce qui ne requiert pas nécessairement un passage à l’acte.

Samedi 15 janvier 2011 à 17h30

Matthieu Potte-Bonneville "Une scène autre ? Le théâtre comme hétérotopie"
en regard de L’avenir, seulement de Mathieu Bertholet

Samedi 26 mars 2011 à 16h

Denis Guenoun   "Qu’est-ce que le temps ?"
Une nouveauté cette année, la rencontre avec Denis Guénoun sera précédée à 16h par la présentation de son spectacle « Qu'est-ce que le temps? (Le livre XI des Confessions d'Augustin) » interprété par Stanislas Roquette.

Samedi  2 avril 2011 à 17h30

Etienne Balibar "Le théâtre, un lieu commun ?"
en regard de Obvie / Lanx / Nixe / Obtus / Knockin'on heaven's door de Cindy Van Acker et Pascal Rambert

Samedi 30 avril 2011 à 17h30

Jean-Luc Nancy "Le corps, théâtre originaire"
en regard des spectacles de Mathilde Monnier, Publique [26-30 avril] et Nos images [3-7 mai]

Accès libre à tous les articles publiés dans Logica Universalis jusqu'au 31 décembre

En anglais

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Extrait du dernier numéro : "Is Logic Universal?"

Is Logic Necessary? par Gregory McColm

“Logic” entails both a toolkit for dealing with situations requiring precision, and a prescription for a type of public reasoning. A sufficiently extended society facing a stream of genuinely novel opportunities and challenges will benefit from an ability to generate and encourage the use of such reasoning systems to deal with these opportunities and challenges. The study of “logic” is the result of using the toolkit on itself, which would appear to be a necessary and not unnatural step for a society developing sufficient familiarity with the toolkit. Many societies have developed something like logic, and past and present use of logic-like toolkits in learning situations and transmission of skills suggests that many societies will develop something like logic.” (…)

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Philosophie et phénoménologie de l'animalité

Séminaire du Groupe de Travail des Archives Husserl, 2010-2011 - Coordonné par Anne Le Goff

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Si l'animal est tout le temps présent en philosophie, c'est rarement pour lui-même, mais comme limite négative de l'homme. Pourtant un certain nombre de philosophes pensent, aujourd'hui, que la philosophie a bien quelque chose à dire des animaux, et s'efforcent de fournir des manières nouvelles de penser les animaux et nos relations à eux. C'est à ce travail d'élaboration conceptuelle que veut participer ce groupe de travail, en fournissant notamment un espace de discussion entre la phénoménologie, des philosophies d'inspiration différente et l'éthologie. Les travaux éthologiques ont, en effet, depuis quelques décennies, transformé le savoir sur les animaux. A la philosophie de prendre en compte ces travaux (en premier lieu, en renonçant à parler de « l'animal » comme d'une catégorie homogène, mais plutôt des animaux), et de proposer les concepts adéquats.

27 novembre 2010 :

Le samedi, une fois par mois, de 14h à 16h00 ­ sauf exception.
27/11, 4/12, 22/1, 5/03, 26/3, 30/4, 28/5

Ecole Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm (Salle Pasteur)


Hicham-Stéphane Afeissa (CIPh) :
D'une détermination de l'animalité par la méthode de co-variation éidétique. A partir de Condillac et de Rousseau

4 décembre 2010 :
Dominique Lestel (ENS) :
La pensée est-elle velue ? Eléments d'une philosophie de l'animalité

22 janvier 2011 : Séance double (14h à 16h30)
Joëlle Proust (Institut Jean Nicod) : Les animaux non-humains sont-ils capables de consciences réflexive?
et Etienne Bimbenet (Lyon 3 ­ Archives Husserl) : Une cognition (animale) fait-elle une connaissance?

5 mars 2011, de 10h30 à 12h30 (Attention, changement d'horaire) :
Marc Crépon (CNRS, Archives Husserl) :
D'un consentement meurtrier

26 mars 2011 :
Hollis Taylor (Violoniste et éthologue) :
The Music of Nature and the Nature of Music

30 avril 2011 :
Christian Sommer (CNRS - Archives Husserl)
La question de l'animal chez Heidegger dans le contexte de l'anthropologie philosophique

28 mai 2011 :
Florence Burgat (INRA- PhiCo) : L'animal est bien une autre existence.

Contact : Anne Le Goff annlegoff@gmail.com

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Perspectives critiques autour de la notion de champ dans la sociologie bourdieusienne

Séminaire à l'ENS-LSH fr Lyon, ouvert à toutes les personnes intéressées.

Organisateurs

  • Albenga, Viviane
  • Rioufreyt, Thibaut Doctorant en science politique, allocataire-moniteur à l’Université Lyon 2 et à l’IEP de Lyon. Travaillant dans le cadre de sa thèse sur la traduction du néo-travaillisme dans la gauche socialiste française, ses recherches portent principalement sur la sociologie des intellectuels, la sociologie des partis et l’histoire des idées politiques.
  • Roullaud, Elise, doctorante en science politique à l’Université Lyon 2, ATER à l’IEP de Lyon. Sa thèse porte sur la contestation des réformes de la Politique agricole commune par la Confédération paysanne et la COAG entre 1991 et 2008, s’inscrivant dans l’étude des mobilisations collectives et la sociologie des syndicats agricoles.
  • Vila, Romain, doctorant en science politique à l’Université Lyon 2. Croisant sociologie du syndicalisme de salariés (CGT, CFDT, FO, FEN, FSU...) et analyses du syndicalisme étudiant (les UNEF, MARC, MAS, PSA, Cé...), sa thèse s’intéresse aux (non-)contacts, relations d’interdépendances et autres réseaux d’influence multipolaires entre ces différentes organisations sur la période contemporaine (Mai-juin 68 à nos jours).
Présentation

Dans le cadre de nos recherches doctorales, nous souhaitons mettre en place un de réflexion sur la notion de champ telle qu’elle est développée par Pierre Bourdieu et utilisée par la suite par d’autres chercheurs. A l’instar de Bernard Lahire, il nous semble que Pierre Bourdieu propose « l’une des orientations théoriques les plus stimulantes et les plus complexes en sciences sociales. L’une de celles qui intègrent le plus de subtilités théoriques et méthodologiques (ayant su notamment faire travailler sociologiquement une multitude de problèmes philosophiques) » [1]. Se concentrer sur la notion de champ nous paraît fécond, au-delà de nos travaux individuels respectifs, en raison de la récurrence avec laquelle elle est l’objet de questionnements de la part d’un grand nombre de doctorants et de chercheurs. Se voulant être une réflexion collective à destination des jeunes chercheurs, le travail préliminaire pour construire ce séminaire nous a amené à considérer qu’il peut être plus que cela et, à notre échelle, contribuer à alimenter une réflexion sur les apports et les limites de la théorie bourdieusienne qui reste encore largement à faire. En effet, si l’œuvre de Bourdieu a suscité nombre de commentaires et d’analyses plus ou moins développés, l’ampleur de celle-ci et les réactions qu’elle suscite nécessite un débat approfondi.

L’usage des outils issus de la théorie de Bourdieu est toujours délicat et constitue une prise de risque tant la sociologie bourdieusienne a suscité et suscite encore parfois controverses, « querelles de chapelle » et investissements affectifs. A cet égard, nous ne pouvons que rejoindre Bernard Lahire lorsqu’il rejette dans le même geste tant les réfutations des détracteurs, « malheureusement souvent l’expression d’une triste mauvaise foi et d’une grande méconnaissance » que la routinisation de l’œuvre par des épigones orthodoxes qui l’appréhendent comme un « prêt-à-porter conceptuel » [2]. Un tel programme a la vertu de contribuer à la constitution d’un espace de discussion et d’évaluation rigoureuses, conditions nécessaires au véritable respect scientifique d’une œuvre et de son auteur. La sociologie critique, au même titre et même plus encore que toute autre théorie, mérite d’être critiquée. Toutefois, la mise en œuvre d’un tel programme ne peut que se heurter à de nombreuses difficultés. Parmi celles-ci, la routinisation et le dévoiement de ce discours sur un rapport critique à Bourdieu, exagérant l’importance des disciples et des détracteurs pour mieux se construire une position nuancée à peu de frais dans le champ sociologique et éviter de se coller à la tâche rigoureuses de l’analyse scientifique, constitue sans doute l’une des plus épineuses.

Plusieurs auteurs ont pratiqué l’exercice critique à l’égard de l’œuvre de Bourdieu dans sa globalité, à l’instar de Bernard Lahire [3] et de Luc Boltanski [4]. S’adossant à des théories ne se limitant pas à une relecture de Bourdieu, ces travaux s’inscrivent dans des approches très différentes et même antagonistes. D’autres auteurs ont critiqué la sociologie bourdieusienne non pas dans sa globalité mais sur tel ou tel élément précis. Loin de prétendre départager la « véritable » interprétation de la sociologie bourdieusienne, notre propos est de nous concentrer sur la notion de champ. Notre point de départ est le suivant : les problèmes que posent la notion de champ ne semblent pas pouvoir s’expliquer par le seul usage peu rigoureux de la part de certains chercheurs mobilisant la théorie bourdieusienne. Certes, les usages sauvages, qu’ils soient métaphoriques en utilisant cette notion bien au-delà de son champ de validité pour tout contexte ou bien substantialistes en faisant « comme si » les champs sociaux existaient réellement, sont bien une réalité et ne facilitent pas le travail de clarification conceptuelle. Mais un certain nombre de travaux semble accréditer l’idée que les problèmes posés dans le cadre de l’utilisation de la notion de champ renvoient à des limites dans la théorie bourdieusienne elle-même.

Dès lors, le problème auquel nous chercherons à répondre dans ce séminaire peut être formulé ainsi : jusqu’où la critique de la notion de champ peut-elle se déployer de manière pertinente ? Doit-on spécifier le champ de validité de la notion de champ contre la tentation de la totalisation présente chez Bourdieu, comme le fait par exemple Bernard Lahire ? Ou bien, au-delà du champ de validité, n’y a-t-il pas un problème dans la conceptualisation même de la notion de champ ? Poser cette question, sans réponses a priori vise à soumettre à un examen critique radical – non pas au sens de réfutation définitive, encore moins de condamnation mais au sens où l’entend Marx c’est-à-dire qui vise à « saisir les choses à la racine » [5] –, la notion de champ. Dans cette perspective, un aller-retour régulier entre la théorie dans sa cohérence (c’est-à-dire les relations qu’entretiennent les concepts bourdieusiens) et un concept précis constitutif de cette théorie est nécessaire et peut permettre de dépasser les déclarations de principes pour s’atteler à la mise en œuvre du programme développé plus haut ou, tout du moins, y contribuer. Cet aller-retour sera doublé d’une circularité entre des interventions qui prennent pour point de départ des enquêtes empiriques (principalement autour de la sociologie du militantisme et de la sociologie de la culture), permettant ainsi de spécifier au plus près du terrain le champ de validité du champ, et des interventions plus « théoriques » sur la genèse et le travail de conceptualisation de la notion de champ.

Ce séminaire se veut interdisciplinaire en sollicitant les interventions de sociologues, de politistes, de philosophes ou bien encore d’historiens. Ce parti pris a pour but de confronter la validité de la notion de champ non seulement à différents terrains mais également à différentes disciplines. Les intervenants seront invités à traiter de leur travail sur ce concept et de son utilisation (ou non utilisation) ainsi que de leur rapport à Bourdieu et à la théorie bourdieusienne dans une perspective de socio-genèse et socio-analyse du travail scientifique.

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Journée d’études : “Foucault est-il utilitariste ?”

Le vendredi 21 janvier,  organisée par le Centre Bentham, Paris

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Programme de la journée :

La question des liens de Michel Foucault et de l’utilitarisme agite les esprits depuis la publication de l’ouvrage de Foucault, Surveiller et punir(1975), où il consacre un chapitre à ce qu’il nomme le panoptisme. La récente publication des cours au Collège de France, et plus particulièrement de la Naissance de la biopolitique (2004), a permis de relire la relation de Foucault à l’utilitarisme classique à la lumière de ses derniers écrits.

Plus généralement, la vie et l’œuvre de Foucault dévoilent un positionnement semblable à celui des utilitaristes classiques, en particulier celui de Jeremy Bentham ou de John Stuart Mill. En effet, les utilitaristes partagent, par définition, le même anti-essentialisme que Foucault, où le vrai devient l’utile, lui-même fondé sur la sensation. D’un point de vue pragmatique, les positions de Foucault sur l’homosexualité et son travail avec le GIP en faveur d’une réforme du régime carcéral, rappellent les travaux de Bentham sur les pratiques sexuelles et de Mill sur les prisons.

Ces premières pistes de réflexion montrent combien la question de l’utilitarisme de Foucault est pertinente, bien qu’elle n’ait pas été soulevée jusqu’à présent. Le Centre Bentham, avec son expertise sur les questions utilitaristes et son intérêt marqué pour Foucault, depuis la première heure, se propose d’être le lieu de rencontre de la pensée utilitariste et foucauldienne.

Les communications pourront s’articuler autour de notions comme la vérité, la norme, le sujet, le pouvoir, le langage ou le plaisir. Elles pourront aussi explorer des champs aussi variés que le droit, l’économie, l’éthique ou la philosophie politique. Elles s’intéresseront aux différentes périodes des écrits de Foucault.

Sous l’égide du Centre Bentham, cette journée d’étude a pour vocation de faire dialoguer des spécialistes de l’utilitarisme et de Foucault.

Liste des intervenants :

- Malik Bozzo-Rey, université catholique de Lille, FRANCE

- Jean-Pierre Cléro, université de Rouen, FRANCE

- Jérôme Ferrand, université Pierre Mendès France, Grenoble, FRANCE

- Christian Laval, collège international de philosophie, Paris, FRANCE

- Stéphane Legrand, université Américaine à Paris, FRANCE

- Paolo Napoli, EHESS, Paris, FRANCE

- Eric Pezet, université de Nanterre, Paris, FRANCE

- Michael Quinn, university college London, Londres, GRANDE-BRETAGNE

Lieu : Bibliothèque de l’Institut Michel Villey

5e étage, Université Paris 2, 1 rue d’Ulm 75005 Paris

Horaire : 9h30 à 18h

Contact :Anne Brunon-Ernst, Maître de conférences à Université Panthéon-Assas

annebrunon@gmail.com

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Journées d'études autour de Jean-Marc Ferry

les 13 & 14 décembre 2010, Paris

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Autour et en présence de Jean-Marc Ferry.

Les tables rondes et discussions porteront sur trois thèmes : (1) « La question européenne », (2) « L’identité reconstructive : discours, éthique et justice », (3) « Religion réflexive et raison publique ».

> programme

Les deux spatiotemporalités de la physique, leur genèse et leur structure

Conférence de Jean-Claude Dumoncel (Université de Caen) vendredi 10 décembre 2010, salle Malevitch, 483A, Université de Caen.

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Dans le cadre du séminaire Philosophie et physique du REHSEIS organisé par Alexandre Afriat, Alexis de Saint-Ours, Elie During.

Trois thèses principales seront dé‬fendues  :

  • Il y a dans la Physique au moins deux spatiotemporalités : l’espace-temps relativiste mais aussi une spatiotemporalité proprement quantique .
  • Celle-ci , qui a paradoxalement son origine chez Leibniz , a été approfondie par Louis de Broglie .
  • La comparaison entre les deux conduit à souligner , selon le vocabulaire de Leibniz , le caractère " paradoxe " de l’espace-temps relativiste .

Kant et/ou Rousseau : héritages en discussion

Colloque à l'UFR de philosophie de l'université de Rennes 1 les jeudi 9 décembre et vendredi 10 décembre.

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Jeudi 9 Décembre 2010

10 h 30 Maria Isabel Limongi : Droit, histoire et politique chez Locke et Hume.

11 h 30 Vinicius de Figuereido : Le texte sans lecteur (une lecture de la première promenade des Rêveries du promeneur solitaire).

14 h 00 Luiz Repa : La co-originarité des droits de l'homme et la souveraineté populaire. Habermas, critique de Kant et Rousseau.

15 h 00 Bruno Bernardi : Rawls lecteur de Rousseau : malentendu ou bien entendu ?

16 h 30 Céline Spector : De Rousseau à Rawls : le paradoxe de l'autonomie démocratique.

Vendredi 10 Décembre 2010

10 h 00 Ricardo Monteagudo : Rousseau et la raison politique des êtres moraux (Rousseau et Pufendorf).

11 h 00 François Calori : De Rousseau à Kant, l'amour de soi.

Co-organisé par l'Université de Rennes 1 et l'Université de Sao Paulo, et réalisé dans le cadre de l'appel à projet CAPES/COFECUB 2011.

La négativité ou les intermittences du sens chez Hegel et chez Freud

Soutenance de Thèse : Claire Pagès. - 11 décembre, Paris-Ouest

Claire Pagès soutiendra prochainement sa thèse de doctorat en philosophie intitulée  » La négativité ou les intermittences du sens chez Hegel et chez Freud », sous la direction de Catherine Malabou.

Date :
Samedi 11 octobre 2010, à partir de 09h30

Lieu :
Université Paris Ouest – Nanterre,
Bâtiment B, salle B015 (René Rémond)

Composition du Jury :

  • Christophe BOUTON (Bordeaux – III)
  • Pierre MACHEREY (Lille – III)
  • Catherine MALABOU (Directrice) (Paris-Ouest Nanterre)
  • Jean-Michel SALANSKIS (Paris-Ouest Nanterre)
  • Samuel WEBER (Northwern University, Chicago)

Résumé :

Cette thèse part du concept hégélien de négativité et construit, à partir de l’œuvre de Freud, un concept de négativité psychique. Nous nous intéressons à la façon dont le travail du négatif – dialectique et psychique – a été reçu et critiqué. La reconstitution de cet horizon critique nous permet de dégager que les pensées hégélienne et freudienne sont contestées car ce sont des pensées du sens . La charge et la cible critiques peuvent se résumer par un mot, celui de sens. On leur reproche alors d’être incapable de concevoir le non-sens ou les intermittences du sens. Celles-ci resteraient impensées et seraient même impensables dans le cadre de ces deux théories. Nous distinguons trois figures du non-sens que nous nommons : dysfonction, dis-fonction ou différence et automatisme. Le travail du négatif constituerait alors un déni de ce qui ne fonctionne pas, de ce qui dis-fonctionne et de ce qui fonctionne tout seul. Nous nous proposons de relire le concept de négativité de façon à le ressaisir au contraire comme une pensée des intermittences du sens. Le travail du négatif serait ainsi ouvert sur la dysfonction, la différence et l’automatisme.

Sophie’s Lovers : Un projet pour la promotion de l'édition de philosophie

Librairie philosophique

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À l'heure où tout le monde s'interroge sur l'avenir de la librairie et sur sa place dans le «Nouveau monde» numérique, le projet Sophie's Lovers lance le pari qu'Internet va permettre aux libraires de réinventer leur métier et même de renouer avec ce qui en a toujours fait le cœur : l'offre, la sélection, le conseil, le suivi, autrement dit, la qualité de relation aux lecteurs.

Le cœur du projet

Conçue et fondée par Jean-Michel Henny, professionnel du livre rompu à l'édition universitaire, Sophie's Lovers est une librairie thématique en ligne, spécialisée en philosophie, qui a choisi de tirer parti des nouvelles technologies pour développer la diffusion et la vente de livres imprimés et numériques. Livres imprimés et numériques, car il ne s'agit en aucun cas de prédire une substitution des premiers par les seconds mais bien de parier sur une multiplication des usages, des circonstances et des modes de lectures et, partant, des supports.

Un partenariat original

Pour développer son activité, Sophie's Lovers s'appuie sur le savoir-faire de deux importants partenaires :

Tout d'abord, une librairie traditionnelle dont la réputation dans le domaine de la philosophie n'est plus à faire : laLibrairie philosophique J. Vrin.
Riche d'un fonds de plus de 12 000 références, regroupant la production de quelque 200 éditeurs, la Librairie Vrin assure le traitement des commandes d'ouvrages papiers et permet de proposer en ligne un catalogue des plus variés, pouvant intéresser aussi bien l'enseignant, le chercheur, l'étudiant ou l'amateur. Cette offre est complétée par un catalogue d'ouvrages numériques, pouvant refléter la production des livres imprimés.

Pour le développement et la maintenance de son site, Sophie's Lovers compte sur les compétences de la société Giantchair, spécialisée dans les applications d'édition et de catalogage en ligne. La qualité de sa technologie assure une forte stabilité et une visibilité optimale sur la Toile.

> suite

Entretien avec Yves Charles Zarka : La destitution des intellectuels

Par Daniel Salvatore Schiffer, pour Mediapart

“ C'est une cinglante mais pénétrante analyse du discrédit de l'intellectuel contemporain - l'intellectuel prédateur médiatique - qu'Yves Charles Zarka, professeur de philosophie politique à La Sorbonne - Université Paris Descartes et directeur de la revue « Cités », opère dans sa très critique « Destitution des intellectuels », son dernier livre, publié aux Presses Universitaires de France.       

Daniel Salvatore Schiffer : Votre dernier ouvrage a pour très critique titre « La destitution des intellectuels ». Qu'entendez-vous, au juste, par là ?

Yves Charles Zarka : J'entends dire, par ce terme de « destitution », que la fonction dévolue traditionnellement à l'intellectuel est, aujourd'hui, complètement discréditée, malheureusement vidée de tout contenu, à défaut de sens. C'est un constat certes tragique, que je regrette amèrement, mais néanmoins très réaliste.       

D.S.S. : Quels sont, très concrètement, les éléments vous permettant de poser un tel diagnostic, aussi sévère, voire impitoyable ?

Y.C.Z. : Les intellectuels dotés d'une autorité morale incontestable, tels autrefois Michel Foucault ou Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou même Sartre, et qui, mus par un simple idéal de vérité, s'exposeraient en public, à leurs risques et périls, ont disparu. Ce sont, à l'heure actuelle, des prédateurs médiatiques, qui s'auto-définissent, arbitrairement, comme des intellectuels, mais n'en ont, très superficiellement, que la posture. Leur seule préoccupation est de se maintenir dans le paraître plus que dans l'être. Il s'agit donc bien plutôt là d'une imposture ! Car cette visibilité à tout prix n'est absolument pas régie par les mêmes lois que celles qui président à l'émergence de la vérité. “ (…)

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Journées d’étude sur l’intersubjectivité

13 et 14 décembre 2010, Prague. Dans le cadre du Master Erasmus Mundus Europhilosophie, « Philosophies allemande et française dans l’espace européen ».

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LUNDI 13 DÉCEMBRE

- 9h : Ouverture & introduction
- 9h15 : Patrice Canivez (Université Charles-de-Gaulle Lille III) : Hegel et la reconnaissance : une théorie critique de l’action intersubjective
- 10h : Léo Fabius (Master Erasmus Mundus Europhilosophie) : Où est l’objet ? Les limites d’une réduction intersubjective de l’interaction dans « La réification » d’Axel Honneth
- 10h45 : Pause
- 11h00 : Daniel Puciarelli (Master Erasmus Mundus Europhilosophie) : Beschädigtes Mitsein : Untergang des Subjekts und Intersubjektivität bei Theodor W. Adorno
- 11h45 : Kristin Gissberg (University of Memphis / Master Erasmus Mundus Europhilosophie) : Reading of the subtext of Freedom of “Self- Consciousness” (Phenomenology of spirit)
- 12h30 : Déjeuner
- 14h00 : Philippe Sabot (Université Charles-de-Gaulle Lille III) : Attachement et relationalité. Butler face à Hegel
- 14h45 : Gautier Maes (Master Erasmus Mundus Europhilosophie) : Hegel cannibale ?
- 15h30 : Pause
- 15h45 : Alexandre Billon (Université Charles-de-Gaulle Lille III) : Le psychopathe face à autrui ― une solution empathique au problème du solipsisme
- 16h30 : Nicolas Garrera (University of Memphis / Master Erasmus Mundus Europhilosophie) : Ethique de la vie et éthique de la responsabilité : Henry avec Levinas
- 17h15-18h : Discussion finale & conclusion

MARDI 14 DÉCEMBRE

- 9h : Ouverture & introduction
- 9h15 : Étienne Tassin (Université Paris VII) — sous réserve —
- 10h : Anne Gléonec (Université Charles, Prague) : Esquisses d’une phénoménologie de l’étranger
- 10h45 : Pause
- 11h15 : Arnaud François (Université Toulouse II-Mirail) : Sensibilité et émotion chez Bergson et Hume
- 12h : Jacky Tai (Master Erasmus Mundus Europhilosophie) : L’intersubjectivité et le renouveau chez Husserl
- 13h : Déjeuner
- 14h30 : Nathalie Lucas (Master Erasmus Mundus Europhilosophie) : Heccéités, faire peuple : des individuations a-subjectives dans l’oeuvre de Deleuze et Guattari
- 15h15 : Fabrice Jambois (Université Toulouse II-Mirail) : La structure autrui à la lumière du concept d’agencement : l’intersubjectivité résiduelle chez Deleuze et Guattari
- 16h : Pause
- 16h30 : Johannes Schick (Julius Maximilians Universität Würzburg) : Intersubjektivität ohne Subjekt ? ― Überlegungen zur ontologischen Grundlage der Intersubjektivität
- 17h15-18h : Discussion finale & conclusion des journées