Les 12, 13 et 14 novembre 2009 à l’Ecole normale supérieure de Paris

Les 12, 13 et 14 novembre 2009 aura lieu à l’Ecole normale supérieure de Paris le troisième congrès international de la Société de philosophie des sciences (SPS). Son thème est « Sciences et décision ». Il rassemblera des philosophes, des scientifiques, des médecins, des sociologues, des psychologues, des spécialistes des sciences de la décision pour analyser la prise de décision en sciences, la manière dont les décisions (notamment politiques et éthiques) peuvent être éclairées par les sciences, ainsi que les fondements des sciences de la décision.
Conférences plénières :
- Alvin Goldman (Université Rutgers) : « The Social Epistemology of Science: Is It Different? ».
- Marc Le Menestrel (Universitat Pompeu Fabra, Barcelone & INSEAD, Fontainebleau) : « Mesure des choses, valeurs des gens ».
- Philippe Mongin (CNRS & Groupe HEC, Paris) : « La théorie de la décision et la psychologie du sens commun ».
- Wlodek Rabinowicz (Université de Lund) : « Decision theory for chancy environments ».
- Bernard Walliser (ENPC-EHESS, Paris) : « De la psycho-économie à la neuro-économie ».
Le programme du congrès comporte en outre une douzaine de symposiums et près de 50 communications individuelles sélectionnées.
Quels sont les liens entre les sciences et la décision ?
Quels choix se présentent aux chercheurs et aux responsables des programmes scientifiques ? Sur quoi leurs décisions se fondent-elles ou devraient-elles se fonder ? Comment prendre de « bonnes » décisions à l’aide de connaissances scientifiques dans des situations d’incertitude ? Quand et selon quelles modalités est-il possible de décider « scientifiquement » ? Que sont les sciences de la décision et sur quoi se fondent-elles ?
Ces questions se distribuent selon trois grands axes :
1) Les décisions prises dans les sciences. Telles sont, en particulier, les décisions relatives à l’adoption d’une théorie scientifique plutôt qu’une autre, d’une interprétation plutôt qu’une autre comme dans la mécanique quantique, d’un programme de recherche plutôt qu’un autre ; mais également les décisions stratégiques dans la poursuite d’un programme de recherche : quand poursuit-on, quand abandonne-t-on une piste ? comment alloue-t-on les ressources humaines et matérielles au sein d’une équipe, d’un institut ?
2) Les décisions aidées par les sciences, dans des domaines pour lesquels la décision est une composante à part entière du domaine scientifique (sciences médicales par exemple), mais aussi dans des situations (politiques, juridiques, économiques… ) où l’on fait appel à l’expertise scientifique.
3) Les sciences de la décision.
À ces questions, la philosophie des sciences, l’épistémologie sociale, les sciences de la décision, mais également les sciences cognitives, peuvent apporter des éclairages propres. Le pilotage des institutions scientifiques est par excellence le lieu de la décision, et de l’évaluation de la décision dans la science : que savons-nous des processus dans ces institutions ? Nombre de décisions politiques, mais également individuelles, ne concernent pas la science mais sont prises par des non-scientifiques à la lumière de données scientifiques, souvent complexes, souvent très incertaines. Comment, ici encore, sont-elles prises, comment devraient-elles l’être ?
La décision dans la science, la décision à partir de la science, la décision étudiée par la science : ces trois domaines aboutissent à une question transversale, celle de la possibilité et de la nature de la décision scientifique.
* Ce thème n’est pas limitatif : le comité de programme a examiné des propositions relevant de nombreux domaines relevant de la philosophie des sciences au sens le plus large, et en a retenu un bon nombre.
http://www.sps09.org/