Atelier de lecture du Département de philosophie Université Paris Ouest Nanterre La Défense : “Singularités”

Organisé par Martine de Gaudemar et Thierry Hoquet.

Pour sa quatrième année, l’atelier de lecture du département de philosophie de Paris Ouest Nanterre sera consacré au thème des « Singularités ».

Occasion d’aller voir du côté des singularités héroïques, qu’elles soient reconnues comme telles ou qu’elles fassent entendre la proclamation ou la prétention d'un individu qu’il est singulier et unique. Mais aussi occasion de nous pencher sur ces singularités qui ne sont pas des personnes : ces traits différentiels, comme un grain de beauté, un style de démarche ou une manière de tenir sa cigarette ou de sourire.

Dite d’une personne, la singularité doit être distinguée de l’individualité et de la particularité. Alors que l’individu peut être compris au pluriel, anonyme dans une foule d’autres individus (il est le collectif atomisé), la singularité se détache et se dégage comme le règne du sans-pareil. La singularité d’une personne ne va pas alors sans une certaine dose de solitude. Alors que l’individualité est partagée par tous les individus qui composent un collectif ou une société, la singularité semble impliquer un certain isolement, une souveraineté qui la sépare du reste du groupe. Elle ne se comprend pas par rapport à la généralité, mais en regard d’une pluralité d’où elle émerge. Peut-on parler, sans oxymore, de singularités « ordinaires » ? La singularité est particulière en tant qu’elle incarne un destin individuel,  mais elle n’est pas une simple instance d’une règle générale.

Approchées au niveau pré-personnel, les singularités concernent des parties de personne (une brillance sur le nez ?) ou des aspects du monde, un sommet alpin, une concrétion de relations, des bouts de rocher comme chez Whitehead ou des morceaux de corail comme chez Leibniz.

La singularité, par sa proximité avec une individualité, pose aussi la question classique du nominalisme : s’il n’est de connaissance que du général, y a-t-il une connaissance des singularités ? Peut-on construire un concept de singularité, ou doit-on se borner à en inventorier ou à en décrire les incarnations ?  Peut-on exhiber des singularités ou seulement qualifier des êtres de « singuliers » ?

On se demandera ce qui nous retient dans les singularités : sont-elles l’incarnation d’un idéal ou d’un type ? Qu’ont-elles de plus qu’une simple « instance » d’une loi ou d’une règle ?

L’atelier s’intéressera à la tension de l’universel et du singulier, mais aussi aux modes particuliers d’incarnation des singularités.

Programme 2009-2010

- Mardi 13 octobre 2009 – Salle L 206

La singularité dans l’art

Séance animée par Denis Bonnay

Lecture : Nelson Goodman.

- Mardi 10 novembre 2009 – Salle L 206

Le Singulier et l'Original : les modèles de la singularité chez Gilles Deleuze

Séance animée par Elie During

Lecture : Gilles Deleuze

- Mardi 15 décembre 2009 – Salle L 206

Singularités et anti-abstractionnisme : les voies du sujet selon Wittgenstein

Séance animée par Élise Marrou

Lecture : Ludwig Wittgenstein, Recherches philosophiques.

- Mardi 5 janvier 2010 – Salle L 206

La singularité à l’épreuve de l’essai

Séance animée par Philippe Hamou

Lectures : Montaigne, Bacon

- Mardi 23 mars 2010 – Salle L 420

Personnages cinématographiques : entre singularité et individualité typique

Séance animée par Martine de Gaudemar

Lectures : Stanley Cavell, La projection du monde, ch. II à V ; Slavoj Zizek, Lacrimae rerum, Essais sur Kieslowski, Hitchcock, Tarkovski, Lynch et quelques autres, 2005.

- Mardi 1er juin 2010 – Salle L 420

Singularités logiques et objets arbitraires

Séance animée par Brice Halimi

Lecture : Kit Fine, « A Defense of Arbitrary Objects », 1983.

Thierry Hoquet
Maître de Conférences Habilité à diriger les recherches
Département de philosophie
Université de Paris Ouest Nanterre La Défense
Page personnelle: http://www.u-paris10.fr/01152199/0/fiche_E__pagelibre/

Repenser la norme de réciprocité. Réflexions à partir de Gouldner, Sahlins, Lévi-Strauss et Ricoeur

Conférence publique organisée par la Société Rhodanienne de Philosophie.

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Intervention de Marcel Henaff (Professeur à l'Université de San Diego, Californie), mercredi 21 octobre de 18h30 à 20h.

L'accès est gratuit.

> précisions

Sartre : naissance d’une figure de « philosophe médiatique »

par François-Xavier Ajavon

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“Pour une fois, dans cette « Chronique de la philosophie médiatique » mensuelle nous ne nous pencherons pas sur un phénomène philo-médiatique actuel, mais jetterons un regard nostalgique et amusé sur le passé récent du pays, à travers la figure de Jean-Paul Sartre (1905-1980). Le petit mari de Simone de Beauvoir domine indiscutablement le fond de l’INA, dans la catégorie « philosophe français ». Évidemment on voit parfois Michel Foucault pointer son col roulé, Bachelard agiter fiévreusement sa barbe blanche de patriarche, Luc Ferry « parce qu’il le vaut bien » jouer avec son cheveux fou, BHL exhiber encore et toujours son torse imberbe à travers ses chemises immaculées... “ (…)

> lire sur actu-philosophia

Nouvelles perspectives sur l'empathie : neurosciences, psychanalyse, philosophie

Catherine Malabou et Alexis Cukier - Collège international de philosophie, jeudi 8 octobre à 18h30

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L’objectif de ce séminaire est de questionner conjointement l’actualité du concept d’empathie en psychanalyse, en neurosciences et en philosophie, et d’ouvrir ainsi de nouvelles perspectives de recherche à l’intersection de ces trois disciplines.

Depuis son origine, le concept d’empathie désigne un phénomène à la fois esthétique (j’éprouve les émotions ou l’expérience d’autrui…) et herméneutique (…pour les comprendre), et engage donc à penser le rapport entre émotion et compréhension. Mais il est devenu aujourd’hui l’intersection principale des disciplines qui examinent l’expérience cognitive humaine, qu’elle soit psychique, cérébrale ou noétique. Les dernières découvertes liées aux phénomènes de l’empathie en neurosciences (neurones miroirs, systèmes de résonance motrice, circuits neuronaux « off line », etc.) ouvrent notamment de nouvelles perspectives de dialogue avec la psychanalyse et la philosophie.
Elles mettent ainsi la philosophie au défi de créer un nouveau modèle de l’empathie (« la coopération herméneutique ») mais aussi de se positionner elle-même par rapport à la compréhension empathique : la philosophie est-elle une simulation expérientielle ? y a-t-il une empathie philosophique ? et qui est l’autre que la philosophie tente de comprendre ?
Mais ces découvertes forment aussi le motif de liens inédits entre neurosciences et psychanalyse : n’y a-t-il pas une homologie structurelle entre l’inconscient cérébral et l’inconscient psychique à l’œuvre dans l’empathie, une analogie entre le geste de l’empathie psychanalytique et l’opération de l’herméneutique neurale ? et ne peut-on pas comprendre le contre-transfert comme un cas de circuit « off line » ?

Parce qu’elle constitue le cœur de la compréhension de l’homme, et parce qu’elle ne cesse d’inquiéter les frontières cognitives et disciplinaires, l’empathie est une occasion théorique inespérée d’ouvrir enfin – autour mais aussi au-delà de ce phénomène – un nouveau programme de recherche sur la question de l’intersubjectivité et de l’origine du social.

18h30-20h30
Université Paris 6-Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, 75005 Paris
Jeu 8 oct : Salle J7
Jeu 22 oct : Salle J16
Jeu 5 nov : Salle J7
Jeu 26 nov : Salle J16

> CIPH

Colloque cinéma-philosophie - Appel à contribution

Appel à contribution pour un colloque de deux jours qui se tiendra en 2010 à Strasbourg (en printemps ou automne), au sein du Parlement des Philosophes

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En 1923, J. Epstein écrivait que « la philosophie du cinéma est tout à faire. » A-t-on avancé en ce sens ?

S'il y a nombre de textes sur le cinéma d'ordre historique, biographique, technique ou encore théorique, on compte très peu de textes philosophiques. S'il nous semble qu'une réflexion philosophique sur le cinéma possède une légitimité, c'est parce que (comme le dit Gilles Deleuze au début de Cinéma 1), le cinéma est une forme de pensée au même titre que la philosophie. Davantage, le cinéaste pense la même chose que le philosophe, même s'il pense au moyen d'un medium qui lui est propre, à savoir l'image (la composition du plan et leur succession, donc le cadrage et le montage). Tel est le présupposé fondamental à partir duquel ce colloque voudrait se construire. Ce colloque se veut donc une tentative afin de relier le cinéma et la philosophie, une tentative afin de saisir dans l'expérience cinématographique elle-même son unité conceptuelle génératrice. Seul ce parti-pris de l'immanence peut révéler ce que le cinéma permet à la philosophie : développer toujours et encore de nouvelles puissances. Pour ce faire, trois axes possibles sont envisagés :

Tout d'abord, il y a la voie de la représentation philosophique au cinéma. Que ce soit à travers l'illustration de thèses, de thèmes ou de postures philosophiques (Cavell qui explique Heidegger via Buster Keaton), il s'agit d'interroger le cinéma dans sa dimension esthétique, dans sa capacité à créer et à représenter d'idées et de concepts. Par cette perspective esthétique, se pose aussi le problème du statut de l'oeuvre filmique et des ses lieux (une série telle que Twin Peaks de D. Lynch peut-elle être considérée du cinéma ? Et quelle est la frontière entre l'oeuvre d'art cinématographique et la société du spectacle, pour reprendre Debord ?). En cela, il s'agit de dépasser un simple questionnement sur la dimension soi-disant « artistique » ou non du cinéma, afin d'en cartographier plutôt le topos même.

Ensuite, il y a la voie interne au cinéma. À savoir : le cinéma pense-t-il, ou plus précisément, comment le cinéma se pense-t-il, comment se voit-il à ses propres yeux ? À travers ce questionnement interne du cinéma sur lui-même, les cinéastes peuvent apparaître comme des penseurs instituant de véritables courants de pensée, c'est notamment le cas pour Bazin. Cette voie interne, c'est aussi celle qui concerne le cinéma dans sa réalité filmique et technique propre. En cela, une série des réflexions sur la réalité cinématographique peuvent aussi permettre de s'arrêter sur l'ontologie du dispositif technique (on a qu'à penser, par exemple, à l'évolution du digital, qui a changé, peut-être pour toujours, l'être du photogramme, cette « ontologie de l'image photographique » de Bazin).

Enfin, le troisième axe de réflexion, serait plutôt celui du cinéma en tant qu'expérience philosophique. Peut-on penser au cinéma ? Peut-on penser avec le cinéma ? Peut-on penser cinématographiquement ? Le cinéma comme médium, comme forme artistique et/ou d'opération sur l'espace et le temps engendre un monde, crée de nouvelles vérités. C'est bien dans cette capacité créatrice, unique du cinéma qui est à la fois image et mouvement, que réside sa puissance. C'est le cinéma lui-même qui fait penser. Comme le dit Deleuze, le cinéma n'a d'objectif que « la pensée et son fonctionnement ». Il ne s'agit donc plus d'une comparaison d'avec les diverses théories philosophiques ou de l'instauration d'une vision du monde, mais bien de considérer le cinéma en tant qu'instrument de la philosophie. Or, penser le cinéma comme expérience philosophique revient aussi à poser la question du lieu du cinéma, de la réalité-autre des mondes qu'il crée, de son ontologie propre.

Ce parcours n'est évidemment pas exhaustif . Nous attendons donc vos propositions (un résumé d'une page Word maximum), suivies d'un court CV à envoyer avant le 20 décembre 2009 à:

Francesco Paolo De Sanctis (Université de Strasbourg - Université Ca' Foscari de Venise) francedesa@hotmail.com

et Renaud Paquette (Université de Paris X) paquetterenaud@yahoo.fr

> http://www.parlement-des-philosophes.org/index2.htm

L’économie de l’attention, avec Emmanuel Alloa

Rencontre philosophique 1/5 - Théâtre de Gennevilliers

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L’économie se voit invariablement appelée dans tous les champs où les ressources sont limitées. A une époque de la connectivité sans bornes, à l’ère des fournisseurs de contenu, l’économie traditionnelle des biens s’est déplacée vers une conquête du capital désormais le plus précieux : l’attention. Lorsque le monde entier est virtuellement devenu disponible à tout moment, il s’agit de capter et de canaliser l’attention du spectateur qui, par essence, est limitée. Limitée dans le temps – le temps de regard devenant ainsi monnayable –, mais aussi dans son intensité (l’attention n’est pas tant une affaire d’extensivité que de force). D’où toute une économie de l’attention qui, d’une simple médiamétrie du temps d’audience, pénètre progressivement dans les sinuosités neurologiques pour mesurer cette valeur qui, encore, échappe à la monétarisation : l’intensité d’un regard. Il s’agira de trouver des outils pour décrire ces lentes mais inexorables transformations qui sont en cours et échappent à une réflexion économique classique.

Emmanuel Alloa est philosophe, chercheur au Centre « eikones » (Bâle) et enseigne à l’Université Paris VIII.  Dernière publication : La résistance du sensible. Merleau-Ponty critique de la transparence, Kimé 2008.

> http://www.theatredegennevilliers.com/

La Mécanique de l’oubli, par Christophe Samarsky

chez Léo Scheer, collection M@nuscrit(s). β version

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La collection  M@nuscrit(s) dans son ensemble mérite un détour.

> Editions Scheer

Le corps dans tous ses états

Journées Jeunes chercheurs de la SFHST, organisées par Anne-Lise Rey (SFHST - Université Lille I)

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1° Journée

Samedi 26 septembre 2009 (9h-18h)

Le corps dans tous ses états

Centre Malesherbes (Université Paris IV-Sorbonne), Amphithéâtre 117

108 Boulevard Malesherbes, Paris 17e ; métro Malesherbes ouVilliers

2° Journée

Samedi 17 octobre 2009 (9h-18h)

Science, technique et politique

Maison de la Recherche (Université Paris IV) salle D323

28 rue Serpente, Paris 6e : métro Odeon, Saint-Michel

> informations

Les Rendez-Vous philo du Théâtre de la Cité Internationale

4 apéro-philo + 4 spectacles

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Cycle d'hiver 2009-2010 : les territoires

• Samedi 10 octobre à 18h : voisinages et rumeurs - suivi de BONANZA
• Samedi 14 novembre à 17h : identités et nations - suivi de CHTO trilogie
• Samedi 5 décembre à 18h : territoires d'enfermement - suivi de PRESS
• Samedi 9 janvier à 18h : débordement - suivi de L'IMMEDIAT

L'ABO philo : 50€ (soit 12,50€ la place)
34€ pour l'abo groupe jeunes (soit 8,50€ la place)
valable uniquement sur les 4 dates

Plus d'informations

Renseignements sur l'Abo-philo auprès de :
juliette.sibillat@theatredelacite.com

Entretien avec Roger-Pol Droit (1) : La genèse d'une anthologie des "philosophies d'ailleurs"

nonfiction.fr

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nonfiction.fr : Quelles ont été, pour vous, les motivations dans cette démarche de publication d’une anthologie des "philosophies d’ailleurs" ?

Roger-Pol Droit : Je crois qu’il faut tenter de nouer ensemble des motivations personnelles, biographiques et puis des motivations de type historiques, à plus long terme et à plus grande focale. Les deux sont nouées. Je ne crois pas que les individus aient des trajectoires indépendantes des grandes articulations et basculements historiques. Je ne crois pas non plus qu’il y ait des structures historiques qui ne s’incarnent pas dans des trajectoires.

> lire la suite sur non-fiction.fr

Problèmes éthiques soulevés par l’expérimentation animale

Conférence de Jean-Yves Goffi, organisée par la Société Rhodanienne de Philosophie.

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Intervention de Jean-Yves Goffi (Professeur à l'Université Grenoble 2), mercredi 17 mars 2010 de 18h30 à 20h.

L'accès à la conférence est libre et gratuit.

> plus d’infos

Colloque "la rhétorique et les arts"

Paris, 6 octobre. Organisé par Laurent Pernot et Florence Malhomme. Au Collège de France

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> zetesis

Paroles de sophistes, paroles de sages

Colloque international de philosophie ancienne - 4-8 novembre 2009 (Aix-en-Provence)

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Institutions organisatrices : Université de Provence, Institut d'histoire de la philosophie de l'Université de Provence, Centre d'études sur la pensée antique « kairos kai logos », Université de Pise, Université de Würzburg

Comité scientifique : Graziano Arrighetti (Italie), Pierre Aubenque (France), Richard Bodéüs (Canada), Tomas Calvo (Espagne)

Coordination : Mauro Tulli (Pise), Michael Erler(Würzburg), Alonso Tordesillas (Aix-en-Provence)

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L’IHP, Institut d’Histoire de la Philosophie (Equipe d’accueil Ministère de l’éducation Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche E.A. 3276) est l’équipe de recherche à laquelle s’adosse le Master Recherche mention « Philosophie » spécialité « Histoire de la philosophie ». L’Institut d’Histoire de la philosophie est une Équipe d’Accueil du Ministère, de l’Éducation nationale et de la Recherche (E.A. 3276). Il a été fondé par Louis Guillermit en 1969. Dirigé par Louis Guillermit jusqu’en 1983, l’Institut d’histoire de la philosophie a ensuite été dirigé par Gérard Lebrun de 1984 à 1997 et est maintenant dirigé par Alonso Tordesillas. Il est constitué de deux groupes de recherche qui constituent ses deux pôles : Histoire de la philosophie ancienne et médiévale (Responsable : Alonso Tordesillas) ; Histoire de la philosophie classique, moderne et contemporaine (Responsable: Jean-Maurice Monnoyer).

Accueil et renseignements : Mme Christine Carcassonne, Bureau A 644 :
Tel : 04.42.95.33.32
Mardi 12h45-16h30, Mercredi 12h45-16h30, Jeudi 8h15-12h00 / 12h45-16h30
et vendredi 8h15-12h00.

Ostension ou pourquoi et comment les images posent des problèmes aux philosophes selon Wittgenstein

Cette ressource propose de réfléchir à l'influence des images sur les philosophes à l'aide de textes philosophiques et d'un enregistrement d'une audio conférence de 20'. – Par Hugo Clément

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“ Ludwig Wittgenstein nous aide à saisir l'importance du rôle joué par les images en philosophie. Il est des images, c'est-à-dire des théories, des idées préconçues comme celle de la définition ostensive, qui nous emprisonnent lorsque nous philosophons.
La notion d'image mentale se voit également souvent attribuer un rôle explicatif qu'elle ne peut avoir la plupart du temps.
Mais le philosophe d'origine autrichienne peut aussi nous aider à mieux penser les images comprises en un troisième sens qui est aussi le sens le plus littéral, à savoir comme ces tableaux, ces figurations que sont les peintures, les photographies ou les films. En effet, ses considérations sur la perception de l'aspect nous permettent de résoudre ce que l'on appelle le paradoxe de la vision des images. Ce problème tient à ce que lorsque nous voyons une image, nous ne disons pas spontanément que nous voyons ce qui est sous nos yeux, l'image, mais plutôt que nous voyons ce qui est absent, à savoir ce que l'image représente. En fait, la solution consiste à comprendre pourquoi « certaines choses dans le voir nous paraissent énigmatiques, parce que le voir dans son ensemble ne nous paraît pas assez énigmatique. »” (…)

> lire la suite

Cinéma et philosophie à l'Université Populaire Européenne de Strasbourg

“Le désir attrapé par la queue”

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Cinéma et philosophie II: Désir en manque, désir manqué- programmation 2009/2010

avec l'aimable participation du Cinéma l'Odyssée

Conjuguant les concepts de la philosophie avec les images du cinéma, ce cours abordera les concepts d'in-complétude (Platon), de possession (Sartre), d'inquiétude (Leibniz) et de vouloir-vivre (Schopenhauer) à travers différents films. Où il apparaît q'un concept peut éclairer un film et qu'un film peut éclairer un concept.

Séances ouvertes à tous, tarif réduit pour les adhérents à l'Université Populaire. Cours les 3 mardi suivant la projection, 20h, Cours St Louis, 9, quai Finkwiller, salle 32. Inscription préalable auprès du secrétariat de l'Université Populaire.

Samedi 17 octobre 2009 à 16h - Je t'aime, je t'aime, A. Resnais

> nouvelle programmation

Alkemie, revue semestrielle de littérature et philosophie

Revue imprimée sur papier et dont les anciens numéros seront disponibles également sur internet

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Numéro 1 : Métaphore et concept
(Numéro consultable en ligne)
Numéro 2 : Le fragmentaire
(Numéro consultable en ligne)
Numéro 3 : L'autre
(Numéro disponible dans les librairies)

En préparation
Numéro 4 : Le rêve
Numéro 5 : Le vide

Appels à contributions
Pour le numéro 5 : Le vide
(Terme limite 1er mars 2010)

Pour le numéro 6 : E. Cioran
(Terme limite 1er août 2010)

> le site de la revue

Libre arbitre et responsabilité morale

Journée d’études - Mercredi 14 octobre 2009  à Nantes

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Question traditionnelle de la philosophie, le problème de la liberté fait l’objet d’un intense débat chez les philosophes analytiques contemporains. Celui-ci s’est largement concentré sur le point de savoir si la liberté et la responsabilité morale étaient compatibles avec le déterminisme causal (universel ou limité au moins aux actions humaines). La répartition des positions en compatibiliste et incompatibiliste, et parmi celles-ci en déterministe dure et libertarienne, est désormais bien connue, et les arguments en faveur des unes et des autres ont atteint des raffinements inédits. Une partie importante du débat est nourrie par l’argument présenté par H. Frankfurt il y a 40 ans, pour dissocier l’imputation de responsabilité morale de la capacité d’agir autrement. Cet argument peut être utilisé comme une étape vers le compatibilisme, qui ne réclame, comme condition de la liberté et de la responsabilité morale, ni le statut d’une source ultime de l’action, ni un pouvoir inconditionnel d’agir autrement. Les incompatibilistes libertariens se sont d’abord posés en adversaires de Frankfurt et ont défendu l’idée que dans un scénario où l’agent n’a pas de possibilité alternative, il est exonéré de responsabilité morale. Plus récemment, certains ont admis la thèse de Frankfurt, tout en maintenant une conception libertarienne, qui se réduit alors à une condition de « source » ultime de l’action dans l’agent, incompatible avec l’idée de déterminisme causal. Ils sont ainsi à mi-chemin entre le compatibilisme et une position libertarienne qui maintient que la capacité d’agir autrement reste une condition de la responsabilité morale. Ces différentes positions seront illustrées et défendues par les philosophes invités.

Programme

9h30 : accueil des participants – introduction de la journée

9h45-11h15 : Helen Beebee (University of Birmingham) : « The Prospects for Compatibilism ». Répondant : Bruno Gnassounou (Nantes).

11h15-11h30 : pause

11h30-13h : David Widerker (Bar Ilan University, Tel Aviv) : « A Defence of Frankfurt-type Incompatibilism ». Répondant : Cyrille Michon (Nantes).

13h-15h : déjeuner sur place

15h-16h30 : Carlos Moya (Universidad de Valencia) : « On the Very Idea of a Robust Alternative ». Répondant : Stéphane Lemaire (Rennes).

16h30-16h45 : pause

16h45-18h15 : Ira Schnall (Bar Ilan University, Tel Aviv) : « Frankfurt Scenarios: Saints and Sinners ». Répondant : Ghislain Le Gousse (Nantes).

> plus d’informations

Colloque “L’homme et l’animal”

La Société française de philosophie – mercredi 14 octobre

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Avec Georges Chapouthier, Florence Burgat, Jean-Yves Goffi, Elisabeth de Fontenay, Thierry Gontier, Jean-Luc Guichet, Francis Wolff, Lakshmi Kapani, François Frimat.
Ecole normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, salle Dussane 9h-18h

L'humanité n'a jamais vécu autant séparée des bêtes qu'en ce début de XXIe siècle. Objet de documentaire trop beau pour être inquiétant ou matière d'élevage en batterie, extatique ou instrumentalisé, l'animal est repoussé à l'infini de notre champ de vision. A l'inverse et en même temps, il devient objet domestique fusionnel trop proche, traversé qu'il est alors par les projections du désir humain. Egarés par cette double fausse distance, trop près ou trop loin, nous ne voyons plus son étrange familiarité, et dans cette vision troublée c'est sans doute aussi un regard sur nous-mêmes que nous manquons.

Accusée souvent, et presque toujours à tort, d'avoir produit ou du moins accompagné ces dérèglements symétriques, la philosophie n'a pourtant jamais cessé de s'interroger sur les sites à la fois communs et disjoints de l'animalité et de l'humanité. C'est une des raisons de l'intitulé de ce colloque, thématisé par la conjonction qui unit et sépare à la fois - L'homme et l'animal.

> plus d’informations

Une réalité peut-elle être virtuelle ?

Café-débat de Poissy – 8 octobre - Restaurant la Mama à 20H30

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Le café-débat de Poissy qui entame sa septième année d'existence. Ces séances ont lieu le 2e jeudi de chaque mois au restaurant "La Mama' de Poissy. Chaque mois un thème est sélectionné, sur lequel nous réfléchissons tous ensemble. C'est un moyen aussi de retrouver la convivialité des discussions autour d'un café, renouer avec la tradition des débats d'idées. Chacun vient avec ce qu'il est, ce qu'il pense, ce qu'il sait, sa curiosité et son envie d'échanger.

> le blog

Symposium international : Le vivant en ville

Les 2,3 et 4 octobre 2009, le Grand Lyon et l’École Nationale Vétérinaire de Lyon

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La deuxième édition des Echanges le vivant en ville soulève la notion de l’interdépendance entre l’homme, l’animal et le végétal, en mettant en évidence des initiatives qui expérimentent d’autres manières d’habiter la ville et de la ré-humaniser.
Ouverte à tous et gratuite, cette manifestation se déroule successivement à l’École Normale Supérieure (les 2 et 3 octobre) et à l’École Nationale Vétérinaire de Lyon, le lendemain pour la Fête mondiale des animaux, une journée festive faite de découvertes ludiques, de rencontres, de mises en situation, d’approches nouvelles et de contacts.
Le sujet relevant aussi bien de la science que de la philosophie ou de l’environnement, l’éventail des intervenants est en conséquence, avec le concours et l’éclairage de scientifiques de renom, dont Vinciane Despret, Conseillère Scientifique de ce 2e Symposium, psychologue et philosophe, maître de conférence au département de philosophie de l’université de Liège et Gilles Clément, ingénieur agronome, jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste et écrivain, sans oublier Lorette Coen, Lucienne Strivay, César Ades….
L’objectif est surtout de partager des expériences : une douzaine d’agglomérations – de Barcelone à Sao Paulo en passant par Genève, Nanterre et Stockholm – présentera des expérimentations et initiatives locales basées sur le “bien vivre ensemble” qui réinventent de nouveaux espaces communs.
A l’instar des balades canines urbaines, l’ambition est de montrer que des actions simples sont à la portée de tous.

Le programme des trois jours :

2 journées de conférences, discussions, partage d’expériences et visites de terrain : pôle expériences
2 octobre 2009 : Vivre ensemble dans les villes : problèmes nouveaux, solutions inédites à l’ENS Sciences
3 octobre 2009 : Quand bêtes et plantes relient les citadins à l’ENS Sciences
2 et 3 octobre : Expositions et visites de terrain de 14h à 17h30 à l’ENS Lettres et Sciences Humaines

1 journée d’interactions directes hommes et animaux, démonstrations et expérimentations : pôle expérimentations
4 octobre 2009 : Des hommes, des animaux et des végétaux se découvrent, se rencontrent et apprennent comment vivre ensemble sur le Campus de l’École Nationale Vétérinaire de Lyon – ENVL

> plus d’infos

Nouveaux textes de Pascal Engel en ligne

Par Julien Dutant

“Une vingtaine d'articles de P. Engel viennent d'être nouvellement mis en ligne, dont plusieurs sur Julien Benda, six manuscripts récents sur la normativité et les normes épistémiques, la philosophie formelle et la philosophie formelle, et une dizaine de textes plus anciens, sur l'usage des banalités en philosophie, l'héritage contemporain de Hume, l'idéalisme, et plusieurs aspects de la philosophie de Davidson (sémantique, philosophie de l'action, rationalité).”

> voir la liste sur Philotropes

Candide a 250 ans : des experts du monde célèbrent sa modernité

OXFORD (Royaume-Uni), 18 sept 2009 (AFP)

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“"Candide continue à provoquer les gens": pour les 250 ans de la publication de l'oeuvre phare de Voltaire, des dizaines d'experts sont réunis à Oxford, en Angleterre, pour célébrer la modernité du conte du philosophe français (1694-1778) qui --disent-ils-- n'a pas pris une ride.

Ils sont venus de France et du Royaume-Uni, bien sûr, mais aussi du Brésil, d'Australie, des Etats-Unis... Depuis mercredi et pour trois jours, ils se penchent sur l'actualité de ce "Candide", publié en 1759 à Genève.

Rassemblés à la Maison française d'Oxford, laboratoire de recherche français, ils se succèdent pour discourir, le plus souvent en français, sur "Candide et les Bataves" ou "Candide en Italie", ou encore "Candide chez les pingouins": une quarantaine de conférences auront lieu au total.

Mais derrière les intitulés parfois abscons, se cache avant tout une volonté de démontrer que le roman philosophique reste pertinent, malgré ses 250 ans. "C'est un texte moderne car il présente un monde de guerres et de désastres", explique Nicholas Cronk, directeur de la Voltaire Foundation, centre de recherche de l'Université d'Oxford qui co-organise l'événement.” (…)

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Les Rencontres de Sophie 2010 5-7 mars : "Les autres"

Avec Régis Debray, Jean-Marc Ferry, Françoise Héritier, Patrick Lang, Michela Marzano, Robert Misrahi, Joëlle Proust, Myriam Revault d’Allonnes, Jean Schneider...

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“Les autres” ne se peuvent nommer qu’en référence à un “nous” ou un “moi”, en tout cas à un homme qui a mis des millénaires à s’identifier comme “animal raisonnable”, situé entre le tout autre (l’être minéral, végétal et animal) et le Grand Autre (Dieu). Mais la modernité démocratique, du fait même de sa tentative de faire vivre ensemble des hommes déclarés “semblables” et donc d’égale dignité, a déplacé au sein même de l’humanité la question de l’altérité : les hommes ne diffèrent-ils pas plus qu’ils ne se ressemblent ? Aujourd’hui, la rencontre des cultures due à la mondialisation, les controverses politiques, morales et religieuses, l’évolution des sciences et des techniques mais aussi de la littérature et des arts, tout comme la libéralisation des moeurs, réactivent ces questions en déplaçant nombre de lignes de démarcation entre “les autres”, “eux et nous”, “toi et moi”, aussi bien dans la vie publique (discrimination, exclusion, choc des civilisations...) que dans la vie privée (jusqu’en amour et en amitié).

C’est à l’examen de ces questions que la dixième édition des Rencontres de Sophie invite le public, lors de conférences et débats, d’un abécédaire, d’un atelier philo-enfants, de cinés-philo et de projections vidéo.

Programme complet disponible début février.

> philosophia.fr

Programme de l'Université populaire de Nantes 2010

Les cours de Philosophie de l'Université Populaire de Nantes sont destinés à tout public et préparent l'examen du thème des prochaines « Rencontres de Sophie » des 5, 6 et 7 mars 2010 : « Les autres ».

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Programme :

Mercredi 13 janvier 2010, Florent Guénard : "Les autres en démocratie"

Mercredi 20 janvier 2010, Yves Christen : "L'animal, cet autre par excellence"

Mercredi 27 janvier 2010, Michel Magnant : "La littérature à la rencontre de l'autre"

Mercredi 3 février 2010, Joël Gaubert : "Le philosophe doit-il se soucier des autres ?"

Les séances se dérouleront à la Faculté de Médecine de l'Université de Nantes (rue Gaston Veil, rez-de-chaussée haut) de 18h30 à 20H00.

"Le mardi des auteurs" : Descartes, France Culture

France Culture propose une nouvelle émission littéraire chaque mardi de 15h à 16 h, le portrait d'un auteur tracé par des regards croisés à partir d'éléments biographiques et bibliographiques.

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I. Présentation :

Chaque semaine le mardi de 15 h à 16 h, sur France Culture.

Un portrait d'artiste sous forme de documentaire, le plus souvent dans le domaine littéraire, voilà l'objet de notre émission. Ces artistes seront plus ou moins célèbres mais tous auront marqué leur art d'une manière ou d'une autre. Ils seront français ou étrangers, anciens ou contemporains, mais leur œuvre devra être achevée.

L'émission a un double objectif : être à la fois un objet radiophonique et un moyen pour apprendre. Nous voulons transmettre un savoir, donner les connaissances essentielles concernant un artiste, mais dans une forme sonore qui, en elle-même, a sa vie propre.

Surtout, c'est chaque semaine une histoire que nous voulons raconte

II. Cette semaine :

René DESCARTES (1596-1650)       

III. Les prochaines émisions :

# mardi 8 septembre 2009  > Grimod de la Reynière
# mardi 15 septembre 2009  > Proudhon
# mardi 22 septembre 2009  > Lampedusa
# mardi 29 septembre 2009  > Victor Segalen
# mardi 6 octobre 2009  > Heraclite
# mardi 13 octobre 2009  > Rolf Lieberman
# mardi 20 octobre 2009  > André Citroën
# mardi 27 octobre 2009  > Tourgueniev
# mardi 3 novembre 2009  > Visconti

Le lecteur lu : Nietzsche entre ses sources et sa réception

Appel à contribution, colloque bilingue à Montréal (printemps 2010)

Le Centre canadien d'études allemandes et européennes (CCÉAE) et la société Théorie et culture existentialistes et phénoménologiques (TCEP) invite les soumissions de communication portant sur les sources de Nietzsche, sur la réception de Nietzsche, sur les lectures de Nietzsche ou encore plus largement sur le rapport de Nietzsche à la philosophie ou la littérature européennes, pour la participation à un colloque sur les sources et la réception de Friedrich Nietzsche, tenu à l'Université Concordia (Montréal, Canada) au printemps 2010.

Au cours de la vingtaine d’années pendant lesquelles il écrivit, Friedrich Nietzsche se positionna continuellement par rapport à la tradition littéraire et philosophique européenne dont il lisait et commentait les œuvres, et dont il était issu. Ses lectures étaient multiples et ses appréciations, variées : c’est ce que montrent les nombreux éloges (de Schopenhauer et de Wagner, par exemple), emprunts (des présocratiques, de Lange), citations (de Stendhal, d’Emerson ou de Chamfort), critiques (de Strauss, de Hartmann, comme de Düring) ou dialogues (avec Taine, Brandes ou Burckhardt) qui ponctuent ses livres. Depuis maintenant un siècle, les lecteurs et commentateurs de Nietzsche cherchent à rendre compte (de manière parfois critique, parfois « prophétique ») de l’inscription de la pensée nietzschéenne dans la philosophie européenne. Aussi la réception de cette pensée est-elle souvent orientée vers la question des lectures de Nietzsche et de la position de ce dernier au sein de la tradition philosophique. Aborder Nietzsche comme un lecteur demande alors que l’on prête attention à ses sources, tout en gardant à l’œil le processus continu de réception dont sa pensée fait l’objet.

Dans le cadre de cette thématique générale, nous invitons les soumissions de communications portant, par exemple, sur les sources de Nietzsche, sur la réception de Nietzsche, sur les lectures de Nietzsche ou encore plus largement sur le rapport de Nietzsche à la philosophie ou la littérature européennes.

Ce colloque bilingue se tiendra au cours d’une journée (fin mai/début juin) à l’Université Concordia (Montréal, Canada), dans le cadre de la rencontre annuelle de TCEP et du congrès 2010 de la Fédération canadienne des sciences humaines.
Les soumissions…
1. doivent être à double interligne, sans mention permettant d’identifier l’auteur;
2. doivent être composées pour remplir une plage horaire d’une trentaine de minutes;
3. doivent être accompagnées d’une page indiquant le nom de l’auteur, son adresse, son statut académique, le titre de sa communication, un résumé de 10 lignes max. et la date.
Date limite : Les textes (en français ou en anglais) doivent être soumis par courriel à l’organisatrice au plus tard le lundi 4 janvier 2010.
Organisatrice : Martine Béland, CCÉAE
Plus d’info sur le CCÉAE : www.cceae.umontreal.ca
Plus d’info sur TCEP : http://eptc-tcep.net/

Prix Raymond Aron 2009

Appel à candidatures

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Le Prix Raymond Aron a été fondé par la Société des Amis de Raymond Aron pour soutenir ou récompenser un travail de recherche. Il est destiné à des étudiants français ou étrangers travaillant sur la pensée de Raymond Aron ou dans le domaine des sciences sociales qu’il a lui-même traitées.
Le Prix Raymond Aron s’adresse aux étudiants de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ainsi qu’aux étudiants dont les travaux sont dirigés par les enseignants membres de la Société des Amis. En ce qui concerne les étudiants de l’EHESS, les candidatures seront présentées par les responsables des formations doctorales.
La date limite de dépôts des candidatures est fixée au vendredi 23 octobre 2009. Les candidats devront fournir un exemplaire de leur master ou de leur thèse, leur curriculum vitae, ainsi qu’une lettre de l’enseignant qui a dirigé leurs travaux.

Les dossiers sont à déposer ou à envoyer à Elisabeth Dutartre, EHESS/CRPRA, 105 Bd Raspail, 75006 Paris (bureau 42).
Date
du mercredi 9 septembre 2009 au  vendredi 23 octobre 2009
Contact
Dutartre Elisabeth (elisabeth.dutartre@ehess.fr)
CRPRA - 105 Bd Raspail 75006 Paris - 01 53 63 51 51

Ref : http://crpra.ehess.fr/

Clément Rosset et le secret de la joie

par Jean Tellez

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“Clément Rosset est un philosophe musicien – ou un musicien philosophe. Cette particularité est à tenir en compte si l’on veut aborder au mieux son œuvre et savourer pleinement son écriture, qui est presque toujours une mise en musique. Non seulement elle recourt à de nombreux exemples musicaux, mais elle joue elle-même des airs : l’air du désir, de l’identité personnelle, de l’insignifiance du réel… Cette singularité d’une pensée indissociable de la musique était déjà celle de Nietzsche, qui n’était pas seulement un philosophe musicien, mais « un musicien philosophe », « amené à la méditation philosophique par une réflexion incessante sur la nature de la jubilation musicale[1] ».” (…)

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Platon - Le mythe d’Er

Par Marie-des-Neiges Ruffo

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“On peut se demander pourquoi Platon a développé ce mythe, alors que le sujet des « récompenses », en vue desquelles certains agissent de manière juste, semblait clos. Peut-être Socrate voulait-il distinguer « récompense visibles », terrestre, et « récompense invisible », après la vie. Pour Ferrari, le retour envisagé par Socrate aux rétributions des actions ne vient pas remettre en question la conclusion du dialogue, à savoir que la justice est sa propre récompense. Les récompenses après la mort sont lointaines, incertaines, et « pures fictions » pour Ferrari. Ce n’est donc pas d’abord en vue de ces dernières que nous agirons justement ou non.” (…)

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EpiConFor. Epistémologie, contexte, formalisme

12-14 novembre 2009, Université Nancy 2 - Campus Lettres et Sciences Humaines

Le but du workshop est de rapprocher les recherches actuelles portant sur les trois appariements suivants de thèmes:
Contexte et Epistémologie. Durant les dernières décennies l'épistémologie a connu un "tournant linguistique" majeur, qui s'est traduit par le recours accru, dans les débats contemporains, aux données syntaxiques, sémantiques ou pragmatiques au sujet des (usages de) constructions linguistiques ordinaires en termes de "savoir", et de façon très notable par la floraison de discussions sur la pertinence épistémologique de diverses notions de contexte (contexte de recherche, d'attribution, d'évaluation, etc.).
Epistémologie et Logique. Outre ce "tournant linguistique", l'épistémologie a également connu un "tournant logique" par la conviction récemment ravivée et grandissante que les discussions de l'épistémologie conventionnelle (mainstream epistemology) peuvent tirer bénéfice de l'épistémologie formelle (logique épistémique, théorie formelle de l'apprentissage, révision de croyances, etc.) qui, cependant, n'a eu presque rien à dire au sujet du contexte (à quelques exceptions près).
Logique et Contexte. Tandis que des approches bien connues du contexte ont été développées en sémantique et en pragmatique des langues naturelles, les seules logiques du contexte proprement dites se trouvent du côté de l'informatique théorique où, cependant, les principaux traitements logiques du contexte ne doivent rien ou presque à la philosophie (à nouveau, à quelques exceptions près).

Le workshop vise ainsi à offrir une occasion de réunir des chercheurs travaillant à l'une des intersections citées, voire à l'intersection des trois thèmes.

Bien que les articles présentés à cette occasion soient supposés présenter un intérêt philosophique propre, le fait que le workshop relève du projet DiaRaFor (MSH de Lorraine) incitera à mettre un accent particulier sur des contributions originales à l'épistémologie formelle. Le workshop préparera le terrain à l'édition programmée d'un recueil d'articles dédié au(x) thème(s).

> programme prévisionnel

Proudhon ou quel socialisme ?

Journée Proudhon à la Bibliothèque nationale de France

présidée par M. Robert Damien
avec la collaboration du laboratoire
SOPHIAPOL Paris X-Nanterre

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A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Pierre-Joseph Proudhon, la Bibliothèque nationale de France consacre une Journée à cette question fondamentale qui touche à l’identité politique de la France.

Proudhon est-il le père oublié du socialisme ?

Le socialisme est-il entré définitivement dans l’histoire ?

Peut-on dégager quelques grands principes encore d’actualité ?

avec la participation de M. Régis Debray
M. Vincent Bourdeau
M. Frédéric Brahami
M. Alain Caillé
M. Nestor Capdevila
M. Edward Castleton
Mme Jacqueline Lalouette
M. Pierre Manent
M. Philippe Petit
M. Hervé Touboul

Le mardi 29 septembre, au Grand Auditorium, Hall Est, Métro Bibliothèque (ligne 14)
9h30-12h30
14h-18h

Histoire philosophique du doute journalistique

Par Robert Redeker

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“* Le doute méthodologique, celui dont Descartes inventa la formule, se place au coeur de la déontologie du journaliste.  Seul ce qui résiste à l’épreuve du doute peut être tenu pour vrai. Or, outil intellectuel des médias contemporains, le doute nous est parvenu au moyen d’un média non-reconnu comme tel, le livre de philosophie. Sans la longue histoire de la philosophie, le journalisme n’aurait pas la figure que nous lui connaissons aujourd’hui. “ (…)

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* Ce texte est paru dans la revue Médias, numéro d'automne 2009.

Les Ateliers de l’éthique : la revue du CRÉUM (v4, n2)

Revue en ligne

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Le numéro d’été 2009 des Ateliers de l’éthique propose un article de Will Colish, un étudiant en droit ayant gagné le concours par affichage du colloque sur la reconnaissance parrainé par le CRÉUM, et deux excellents dossiers préparés et dirigés par des étudiants ou postdoctorants ayant des liens avec le CRÉUM.

Table des matières

Articles

Doing Justice To Recognition
Will Colish
Dossier : Le néo-républicanisme

Dossier dirigé par Alice Le Goff et Dave Anctil

Introduction
Alice Le Goff et Dave Anctil

Le care entre dépendance et domination : l’interêt de la théorie néorépublicaine pour penser une « caring society »
Marie Garrau

Le multiculturalisme, un projet républicain ?
Sophie Guérard de la Tour

Préférences décisives et précarité
Vincent Bourdeau

La liberté républicaine et la démocratisation du régime international
Dave Anctil

La reconnaissance entre échange, pouvoirs et institutions. Le républicanisme de Philip Pettit
Christian Lazerri

Républicanisme et distribution de l’estime sociale : lectures croisées
Alice Le Goff

Entretiens avec Cécile Laborde
Alice Le Goff et Dave Anctil
Dossier : Sur la neutralité libérale / On Liberal Neutrality

Dossier dirigé par Roberto Merrill et Geneviève Rousselière

Introduction
Roberto Merrill et Geneviève Rousselière

Neutrality and the Social Contract
Ian J. Carroll

Liberal Neutrality : Constructivist, not Foundationalist
Lendell Horne

Neutrality as a Twofold Concept
Alexa Zellentin

Tolérance et neutralité : incompatibles ou complémentaires ?
Marc Rüegger

An Epistemic Argument in Support of Liberal Neutrality
Mariano Garreta Leclercq

Are Cities Illiberal ? Municipal Jurisdictions and the Scope of Liberal Neutrality
Patrick Turmel

Perfectionism, Economic (Dis)Incentives, and Political Coercion
Oran Moked

Beyond Equality of What : Sen and Neutrality
Christopher Robert Lowry

Association Accordphilo

Agenda des rencontres du mois de septembre

-dimanche 13 septembre à 11h 00 :
La joie, une puissance libératrice pour l'homme.
Sabine Miniconi.
A l'étoile Européenne, porte de Bagnolet Paris 20 (métro ligne 3).

-dimanche 13 septembre à 18h 00 :
Place de l'enfance dans la constitution de la mémoire -
travail sur texte extrait de W ou le souvenir d'enfance de Georges Perec ' le texte sera distribué)
Claudine Enjalbert, Jean-François Paquelier.
Au Saint-René, 148 bd de Charonne Paris 20 (métro ligne 2 A .Dumas).

-mercredi 16 septembre à 19h15 :
La vie est-elle conservatrice?
Raphaël Prudencio.
Á la Rotonde de la Muette 12 chaussée Muette 75016 (métro ligne 9 La Muette).

-dimanche 20 septembre à 18h 00 :
Sommes-nous leurrés par nos pensées?
Claudine Enjalbert, Jean-François Paquelier.
Au Saint-René, 148 bd de Charonne Paris 20 (métro ligne 2 A .Dumas

-mercredi 23 septembre à 20h00.
Vivre ou écrire ?
Au Saint-René, 148 bd de Charonne Paris 20 (métro ligne 2 A .Dumas).

-dimanche 27 septembre à 18h 00 :
Faut-savoir s'ennuyer?
Claudine Enjalbert, Jean-François Paquelier.
Au Saint-René, 148 bd de Charonne Paris 20 (métro ligne 2 A .Dumas

> suite de l’agenda

Le 11 septembre et son double

par Gérôme Truc

à propos de : Clément Chéroux, Diplopie. L’image photographique à l’ère des médias globalisés : essai sur le 11 septembre 2001, Cherbourg-Octeville, Le Point du Jour, 2009.

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Pourquoi n’avons-nous retenu du 11-septembre, l’événement le plus photographié de l’histoire, que quelques images, répétées en boucle ? Dans un ouvrage à la fois riche et concis, Clément Chéroux, historien de la photographie et conservateur au Centre Pompidou, décortique ce « paradoxe du 11 septembre ».

> lire la critique sur la vie des idées

La semaine de la pop philosophie

Marseille, du 1er au 7 octobre

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Sont attendus Catherine Millet, Patrice Maniglier, Léo Scheer, Mark Alizart...

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> plus d’informations

Programme du Café Philo Sophia - Septembre - décembre 2009

Rentrée du Café Philo Sophia (Narbonne) le samedi 12 septembre (18h) avec un sujet du baccalauréat (série ES) 2008 : “Peut-on désirer sans souffrir?”.

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> le site

La visibilité des invisibles

Emission Les vendredis de la philosophie du vendredi 11 septembre 2009

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Dans Macadam philo les philosophes analysent l'actualité culturelle, politique et scientifique. Ils interviennent de manière intempestive et font entendre une autre voix que celle des experts.

Cette semaine trois philosophes parleront de la visibilité des invisibles :
De la visibilité des invisibles:
Jacques Rancière traitera de la condamnation des ouvriers de Clairoix (saccage de la sous-préfecture de Compiègne).
Genneviève Fraisse traitera du burkini et de la visibilité de la femme.
Jean-Clet martin de la mise en ligne par google de textes invisibles.

> le site de l’émission

Les mardis de la philo

Les programmes 2009-2010

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> Les Mardis de la Philo, qu'est-ce que c'est ?

Journées d'études : " L'éthique du refus "

La Parlement des philosophes, Strasbourg - 2 octobre 2009, sous la responsabilité de Aïcha Liviana Messina, Andrea Potestà et Alexis Zimmer

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« A certains moments, face aux événements publics, nous savons que nous devons refuser », écrit Blanchot en 1958, et il précise : « le refus est absolu, catégorique ». La notion de « refus » décrit ici un devoir de l’écrivain et/ou de l’intellectuel amenés, de façon inconditionnelle, à franchir une limite, à sortir de leur retrait pour prendre position dans l’espace public. Une éthique ou une politique du refus nomme ainsi, non pas des règles d’actions à observer et qui nous maintiendraient dans les limites d’une morale, mais l’épreuve d’une sortie, d’une parole et d’une existence tournées toutes entières vers l’extériorité, face à ce qui fait figure d’intolérable. Le refus est appel au passage, à la sortie : mais de quelle sortie parle-t-on ? Et la parole qui assume le mouvement de cette sortie peut-elle se défaire du privilège de celui qui l’énonce ? À quel risque s’expose cette parole ? Quel corps avive-t-elle ? Ce geste relève-t-il d’une politique ou d’une éthique ? Que peut-on encore attendre et entendre sous ces dé-nominations ?
Cinquante ans plus tard, qu’appelons-nous l’intolérable ? Dans quel prisme historique sont pris les « événements publics » et comment se configure aujourd’hui l’espace de leur énonciation ? Comment s’y insèrent nos paroles et vers quelle collectivité ou vers quelle extériorité sont-elles tendues ?
Cette journée d’étude se propose de mettre en jeu ces questions en confrontant les difficultés et les apories que rencontre la réflexion philosophique, mais aussi ses désirs et ses promesses, au champ de l’actualité politique.

La journée distinguera quatre volets de réflexion.
On se demandera dans un premier temps, quelles sont les formes d’expositions politiques de la philosophie et quelles sont les responsabilités de l’écrivain et/ou de l’intellectuel « face aux évènements publics » et s’il est vraiment une responsabilité qui leur incomberait en propre.
À travers une réflexion sur l’image, on réfléchira ensuite sur les différents processus de dénégation et de déréalisation ou encore de diabolisation de la réalité pour nous demander si nous faisons face à quelque chose qui puisse nous exposer à un passage à la limite, nous en-joindre à un refus « absolu, catégorique ».
Le troisième volet de cette journée proposera une rencontre avec différentes associations militantes afin de réfléchir aux enjeux, aux possibilités effectives et aux difficultés du militantisme.
Enfin, cette journée se terminera sur un débat sur la nostalgie politique, sur l’héritage de nos catégories ou de nos espérances politiques, et sur les impasses ou au contraire les puissances de cette nostalgie.

L’objectif principal de cette journée d’étude est de parvenir au diagnostic (ou du moins à son ébauche) des transformations qui se sont opérées durant ces cinquante dernières années (c’est-à-dire depuis ce que nous pourrions appeler notre ultime « révolution » : mai 68, ce qui y préparait, et ce qu’il nous en reste) de nos catégories (ou de nos désirs) politiques, des figures du « mal » (imaginaires ou réelles) et de notre positionnement dans l’Histoire ou dans un temps mondialisé, afin de poser à nouveau frais la question de l’action. Il s’agira ainsi de chercher des articulations entre ce qui semble relever seulement de la réflexion et le champ de la praxis tout en maintenant ouvert le hiatus entre « éthique » et « politique », entre une exigence de refus, de passage à la limite ou de sortie et les limites, les cloisonnements sans doute immanents ou coextensifs à « la » politique.

En alternant ses formes d’expositions (exposé, débat, projection d’images et rencontres), cette journée cherche à intéresser un public hétérogène, non acquis à une discipline en particulier, et à produire des interactions entre diverses sphères de réflexion et d’activité.

Lieux et organisation
La journée se déroulera à Strasbourg, dans les locaux de l’Université Marc Bloch avec la collaboration de :
- Collège International de Philosophie
- [parlement des philosophes]
- Équipe d’Accueil et de Recherche en Philosophie (EA 2326)
- Centre de recherche de Philosophie contemporaine

> Le parlement des philosophes

Forme et origine de l'Univers : philosophie et cosmologie

12 octobre 2009 - 14 octobre 2009
Colloque international organisé par l'Institut de Recherche Philosophique de Lyon (IRPhiL).

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Ce colloque entend, pour l'une des premières fois en France, réunir des physiciens, philosophes et épistémologues autour d'une réflexion commune sur notre cosmologie.
Comment se situe-t-elle dans l'histoire des représentations de l'Univers ? Appelle-t-elle une nouvelle épistémologie ? Peut-elle être confrontée aux analyses philosophiques ?

» Consulter le programme détaillé

Kant, la science et les sciences

8 septembre 2009 - 12 septembre 2009
IX Congrès international organisé par l'Institut de Recherche Philosophique de Lyon (IRPhiL) et la Société d'Etudes Kantiennes de Langue Française (SEKLF).

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Direction scientifique :
Mai Lequan

Comité scientifique :
Bernard Bourgeois, Jean Ferrari, François Marty, Evanghelos Moutsopoulos, Claude Piché, Gerhard Seel, Ingeborg Schüssler, Ricardo Terra, Robert Theis.

Comité organisateur :
Jean-Jacques Wunenburger, Denis Forest, Philippe Huneman, Emmanuel Renault, Margit Ruffing, Sophie Grapotte.

Contact :
Valentina Tirloni
IRPhiL - Institut de Recherche Philosophique de Lyon
18 rue Chevreul - 69007 Lyon
Tél. : 04 78 78 73 94 - Fax : 04 78 78 72 27
valentina.tirloni@univ-lyon3.fr

Lectures et interprétations des Essais de Théodicée de G. W. Leibniz

Colloque international Sorbonne 24, 25 et 26 juin 2010, organisé  par l’Université Paris I (CHSPM) en collaboration avec l’Université Paris IV .

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En 1710 paraissaient les Essais de Théodicée, seul ouvrage philosophique d’importance publié par Leibniz de son vivant. Ce texte rédigé en français, qui prenait prétexte de la controverse suscitée par les écrits de Bayle sur la question de la conformité de la foi avec la raison, était l’occasion pour l’auteur du « système » de l’harmonie préétablie de montrer la fécondité de son hypothèse, dans le cadre d’un exposé métaphysique et théologique plus complet. Le traitement de la question du mal, la conciliation de son existence avec la justice divine engageaient en effet toute la doctrine du libre et du nécessaire, des mondes possibles, mais encore la théorie de l’âme, de la volonté et les principes d’une morale.

300 ans après leur publication et en dépit de leur notoriété, il est surprenant de constater que les Essais restent un texte relativement peu étudié par les commentateurs. La diversité des thèmes et des domaines abordés (métaphysique, théologie rationnelle et révélée, philosophie naturelle, morale, réflexions sur l’histoire des langues, sur le vivant), la pluralité des formes d’argumentation utilisées (avec le recours à des arguments non strictement démonstratifs) en font un ouvrage complexe, sans doute déroutant, mais riche.

L’objet des travaux de ce colloque sera d’interroger le statut de ce texte, longtemps considéré comme un exposé « populaire » ou exotérique et non strictement systématique de la « philosophie » de Leibniz, en explorant ces différents champs et en examinant les différents types de discours qu’il met en œuvre. 

Six thèmes principaux d’étude ont été retenus (liste non exhaustive) :
La conformité de la foi avec la raison : la question de la vérité et de son unité, celle de l’univocité des notions et des principes, notamment dans le contexte des polémiques entre Bayle, Jaquelot, Le Clerc.
L’origine (ultime) et la cause (prochaine) du mal, thème central du livre, la question du concours tant physique que moral de Dieu au péché.
La doctrine de la liberté, la question des futurs contingents, de la prescience et de la prédestination. Les deux sortes de nécessité, la contingence, la distinction entre nécessaire et déterminé.
La doctrine des mondes possibles, le statut du possible, le principe du meilleur.
La question « épistémologique » du statut des différents types d’argumentation déployés dans les Essais, suivant la perspective adoptée (défensive, réfutative, démonstrative, « dialectique »).
L’hypothèse de l’harmonie préétablie, l’union de l’âme et du corps, la préformation des animaux et la préexistence des âmes, et plus généralement les enjeux métaphysiques des questions de philosophie naturelle (la téléologie).
Les histoires : histoire profane, histoire sacrée, les réflexions linguistiques, les hypothèses sur l’histoire de la terre, le rôle et l’usage des fictions (le mythe final de Sextus).

L'équité, illusion ou perspective

Par jacques Michel

Les discours du politique : Ecole thématique Violence, consensus, sécurité

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Jacques Michel s'intéresse ici à la notion d'équité dans les discours du politique. Partant du constat de la grande fréquence de ce terme, il s'interroge sur la signification de cette notion ancienne, héritée d'Aristote, de Saint Thomas... L'équité comme vecteur de revendication sociale et de bouleversement. Le droit et l'équité : est-elle un concept juridique ou une notion support qui permet à des données extra-juridiques de perturber le sens et la rigueur juridique des choses ? L'équité comme l'art de bien juger, comme une sagesse pratique, une prudence. L'équité comme correction d'une loi qui, trop générale et trop abstraite, pourrait dans son application mécanique engendrer la plus grande injustice. L'équité, c'est le pouvoir d'appréciation laissé au juge. L'exposé est suivi d'une discussion.

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XVIIe : le siècle mystique ?

Journée d’études, Vendredi 20 novembre 2009, Paris

Journée d'étude organisée par l'IRSE (Université de Genève) et le CERPHI (UMR CNRS 5037) dans le cadre du séminaire « Mystique et figures mystiques ». Le XVIIe siècle a pu être considéré comme le siècle d'or de la mystique. Il s'agira de questionner ce lieu commun, en interrogeant la signification d'une éventuelle « mystique du XVIIe siècle » au travers de l'examen des différents courants spirituels du Grand Siècle dans leur diversité.

Session 1    Présidence : Jacques Le Brun (EPHE)
9h15-9h30.................Accueil et introduction
Par Ghislain Waterlot, Directeur de l’IRSE

9h30..........................Une mystique claire et distincte
Par Laurence Devillairs (Institut catholique de Paris)

10h20........................Fénelon et Mme Guyon
Par Bernard Rordorf (Genève) et Ghislain Waterlot (Genève)

11h30.........................Surin, un jésuite mystique et écrivain ?
Par Patrick Goujon (Centre Sèvres)
Session 2    Présidence : François Trémolières (Paris Ouest Nanterre La Défense)
14h00........................Les polémiques autour de Marie des Vallées, sainte, sorcière, simulatrice
Par Antoinette Gimaret (Paris III)

14h50.........................Réceptions françaises de Jean de la Croix
Par Anne-Marie Hubat-Blanc (Chambéry)

16h00........................    Spener face à la mystique
Par Anne Lagny (Lille III)

Tout au long du XVIIe siècle et dans son prolongement, la profusion autant que l’audience des figures mystiques est frappante. L’interprétation d’une telle abondance, néanmoins, ne va pas de soi. Plutôt que d’un âge d’or de la mystique, hypothèse aussi bien d’un De Certeau que d’un Brémond, elle pourrait être le signe du manque de pertinence de la catégorie, regroupant des phénomènes trop différents. Qu’est-ce qui réunit Bérulle et Madame Guyon, François de Sales, Johann Arndt, Pascal et Spener ? S’agit-il d’une communauté d’influence, d’une unité thématique ou seulement de l’esprit du temps ? Autrement dit, y a-t-il une spécificité, par-delà les manières propres à ce siècle de pratiquer la religion, de la mystique du XVIIe ?

En admettant qu’il y en ait une, son sens resterait à interroger. Son sens c’est-à-dire, aussi bien, son rapport au temporel. Car si la mystique, comme on peut le penser, comme certains des mystiques le disent, est une expérience de l’éternel, en quel sens pourrait-elle être la mystique d’un temps ? L’expression de « mystique du XVIIe » mérite d’être réfléchie, et la manière dont la mystique s’articule aux spécificités tant religieuses que profanes du Grand Siècle, examinée. Notre réflexion, alors, ne portera pas seulement sur cette période, mais sur toute mystique,  et sur son rapport à l’époque dans laquelle elle émerge. Résolument tourné vers l’étude historique et littéraire de la mystique du XVIIe dans ses formes variées, ce colloque sera ainsi l’occasion d’interroger notre regard sur ces pratiques spirituelles, et l’intérêt qu’elles peuvent garder pour nous, du point de vue tant théologique que philosophique.

Face à l’ego : la solitude en face

Appel à contribution : Lundi 01 février 2010,  Montréal (Canada)

Loin qu’il n’y en ait qu’un seul, le fait de présenter l’ego seul, non pas seul tout seul puisque autrui n’est jamais loin, mais paradoxalement d’autant plus seul que celui-ci coexiste toujours déjà avec lui, s’offre comme l’un des points communs des auteurs, penseurs et écrivains, qui participent de la théorie ou de la culture existentialiste et phénoménologique.

Cela dit, la pluralité des phénomènes traditionnellement décrits et des expériences couramment rapportées sous l’appellation de solitude se laisse-t-elle subsumer sous une seule et même catégorie ? Quels rapports, en effet, entre l’hétérogénéité d’avec le monde de l’Isolé (Kierkegaard), l’indépendance du fort (Nietzsche), l’esseulement du Dasein (Heidegger), la désolation du citoyen (Arendt) ou le délaissement de l’être humain (Sartre) ? La notion même de solitude s’offre-t-elle seulement comme un concept en philosophie, où il est généralement admis qu’ « au commencement est la relation » (Buber) ? Mais comment, dès lors, pouvoir affirmer n’avoir « jamais rencontré de semblable » (Beckett) ? Et si jamais « il y avait d’abord la solitude » (Malraux) ? Est-ce à dire que, plus profonde que « la solitude au niveau du monde », existe une « solitude essentielle » (Blanchot) ? Que déduire alors du fait que l’on meurt seul : qu’ « on ne vit pas seul » (Merleau-Ponty) ou son contraire ? Et puisqu’ « il n’y a qu’une souffrance, c’est d’être seul » (Marcel), que faire si on le demeure ? Se montrer « solitaire ou solidaire » (Camus) ? 

En interrogeant de face l’ego moderne et postmoderne, il s’agira donc de regarder en face la solitude qui est la sienne – c’est-à-dire la nôtre –, sans doute afin de mieux y faire face. Car sans préjuger de sa teneur ou de sa valeur, qu’il s’agira d’ailleurs de dégager, c’est un fait que sa pesanteur fait souvent se voiler la face, en sorte que l’animal politique que nous sommes ne la perde pas.

Cette table ronde aura lieu dans le cadre de la rencontre annuelle de la société de Théorie et culture existentialistes et phénoménologiques (TCEP/EPTC), elle-même ayant lieu dans le cadre du Congrès de la Fédération canadienne des sciences humaines et sociales, qui se tiendra à l’Université Concordia, à Montréal, à la fin mai et au début juin 2010.
Les propositions de communication sont à envoyer par voie électronique à Christophe Perrin, ch-pe@orange.fr, au plus tard le 1er février 2010.

Il doit s’agir d’un document en format Word, d’un maximum de 5000 mots, comprenant un résumé du propos de l’auteur sans aucun renseignement permettant de l’identifier.

Rêve et cauchemar: retour sur Marx et le capitalisme

Interview de Denis Collin parue dans "Les Lettres Françaises" du 5 septembre 2009

Lettres françaises. A contrario de toute une vulgate actuelle, dans ton dernier livre tu n’évoques pas Marx sous le signe du « retour » mais du « cauchemar ». Notre monde est devenu ce qui, pour Marx, aurait été un cauchemar s’il avait pu l’observer de ses propres yeux. Qu’entends-tu par là ?

Denis Collin. Les rêves, quand ils se réalisent, tournent souvent au cauchemar ! Nous le savons tous d’expérience. Le cauchemar de Marx, je l’entends en trois sens. D’abord, les prédictions de Marx concernant l’évolution du capitalisme se sont largement réalisées et nous avons le monde actuel et les dangers qui pèsent sur le futur de la culture et même de l’espèce humaine. Ensuite, les tentatives de « construire le socialisme », c’est-à-dire de mettre en oeuvre les idées prêtées à Marx, ont vite tourné au cauchemar. Enfin, les derniers mois ont montré que finalement Marx pouvait rester le cauchemar des classes dominantes !” (…)

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Archives AUDIO et VIDÉO du Séminaire « Marx au XXIe siècle » - année 2008-2009

Organisé à la Sorbonne, dans le cadre du Centre d’Histoire des Systèmes de Pensée Moderne,
avec le soutien du CERPHI (ENS Lettres et Sciences Humaines) et de la revue ContreTemps (Textuel)

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* PREMIER SEMESTRE

samedi 11 octobre 2008 :
Jean SALEM
Séance réservée aux étudiants de Master
... Présentation du Séminaire. Généralités
... Présentation de l’ouvrage de F. ENGELS :
..La Situation de la classe laborieuse en Angleterre (1845)

samedi 18 octobre 2008 :
Michael LÖWY
Directeur de recherche émérite, CNRS
Kafka, la politique, le socialisme

samedi 25 octobre 2008 :
Domenico LOSURDO
Philosophe, professeur à l’Université d’Urbino (Italie)
Nietzsche, le rebelle aristocrate

samedi 8 novembre 2008 :
Catherine SAMARY
Maître de conférences en économie (Université Paris 9-Dauphine)
Des contradictions des sociétés dites socialistes
aux débats sur d’autres « modèles » : propriété sociale, État, marché

samedi 15 novembre 2008 :
Luciano CANFORA
Professeur de philologie grecque et latine, Université de Bari (Italie)
Peut-on critiquer la démocratie ?
Écouter cette conférence

samedi 22 novembre 2008 :
Bernard GAINOT
Maître de conférences habilité (Université Paris 1-Sorbonne)
Esclavage, abolitions, luttes armées dans les colonies françaises

samedi 29 novembre 2008 :
Sophie WAHNICH
Historienne, chargée de recherches, CNRS
La longue patience du peuple

samedi 6 décembre 2008 :
Jean SALEM
Le Travail dans les Manuscrits de 1844

samedi 13 décembre 2008 :
Jean-Claude BOURDIN
Professeur de philosophie (Université de Poitiers)
Marx historien de la France moderne

samedi 17 janvier 2009 :
Alain BIHR
Professeur de sociologie, Université de Besançon
La reproduction du capital

* DEUXIÈME SEMESTRE

samedi 31 janvier 2009 :
Olivier NEVEUX
Maître de conférences, Université de Strasbourg
Brecht, une théorie politique du théâtre

samedi 14 février 2009 :
Paul BOUFFARTIGUE
Sociologue, directeur de recherche, CNRS
et Sophie BÉROUD
Maître de conférences en sciences politiques, Université Lyon 2
Travail et précarisation

samedi 21 février 2009 :
André TOSEL
Philosophe, professeur émérite (Université de Nice)
Marx encore : le matérialisme entre naturalisme et référentialité

samedi 28 février 2009 :
Yves SCHWARTZ
Professeur de philosophie émérite (Université de Provence)
Production, travail et activité

samedi 7 mars 2009 :
Guillaume SIBERTIN-BLANC
ATER, Université Lille 3
Subjectivité révolutionnaire, inconscient et lutte de classes

samedi 14 mars 2009 :
Nicole-Édith THÉVENIN
Maître de conférences en Sciences politiques (Université Paris 8)
et Psychanalyste
Psychanalyse et marxisme

samedi 21 mars 2009 :
Jean BOURGAULT
Professeur de Lettres supérieures, Lycée Jeanne d’Arc, Rouen
Tours et détours de l’idéologie :
la conception de l’action politique chez Sartre

samedi 28 mars 2009 :
Nicolas TERTULIAN
Philosophe, directeur d’études honoraire, EHESS
Heidegger / Lukács, quelle ontologie ?

samedi 4 avril 2009 :
Emmanuel BAROT
Maître de conférences en philosophie (Université Toulouse-Le Mirail)
Réalisme et cinéma militant

> écouter et/ou voir ces conférences

Foucault, la vie et la manière

par Mathieu Potte-Bonneville

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“Exemplaire de la pratique philosophique de Foucault, son dernier cours contribue à transformer la compréhension de son oeuvre : au plus loin de tout dandysme, la recherche d’une esthétique de l’existence y noue des liens inattendus avec l’idée de vie, l’exigence de vérité et la transformation du monde.”

> lire la critique sur la vie des idées

Michel Foucault, Le Courage de la vérité. Le gouvernement de soi et des autres II. Cours au Collège de France, 1984. Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, Gallimard, Éditions du Seuil, coll. « Hautes Etudes », 2009, 368 p.

Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc (coord.) : Judith Butler, trouble dans le sujet, trouble dans les normes

par Sandrine Alexandre

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Trouble dans le sujet, trouble dans les normes, le titre du PUF « débats philosophiques » consacré à J. Butler, n’a rien du jeu de mot un peu facile qu’on aurait pu craindre au premier abord. C’est bien au contraire une formule heureuse qui rend compte du projet de l’ouvrage que les cinq articles qui le composent réalisent. Le volume propose un parcours de l’œuvre fondé sur une perspective de lecture qui donne la priorité à "la question des normes". Le développement de cette problématique passe en outre par une mise en regard des thèses de J. Butler avec des auteurs - Hegel, Freud, Foucault- qui ont précisément compté dans l’élaboration de sa propre réflexion. Cela permet à F. Brugère et à G. Le Blanc d’assigner un double enjeu au recueil dont ils assurent la coordination : « produire des effets de lecture comparée tout à fait inédits » [1] d’une part et, de l’autre, « comprendre en quoi les descriptions philosophiques de notre présent, convoquées dans les différents ouvrages de Judith Butler, suggèrent de nouvelles possibilités de vie, non encore stabilisées mais suffisamment puissantes pour être expérimentées » [2]. Chacun des cinq articles s’inscrit dans cette perspective qui fait de la question des normes le "centre de gravité" en croisant à chaque fois un thème (le désir, la reconnaissance, l’identification…), un texte (Subjects of Desire, La Vie psychique du pouvoir, Le récit de soi, Vies précaires), un auteur (Hegel et la French Theory, Freud, Foucault…). Or, la pertinence et l’intérêt de l’ouvrage résident précisément dans les trois éléments qui caractérisent l’ouvrage : le pacte de lecture choisi, le projet de confrontation et la cohérence de l’ensemble.” (…)

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Quelle autonomie de l’œuvre ? Réflexions autour de la philosophie de la musique de Lydia Goehr

En présence de l’auteur. A la Maison de la Belgique et des Luxembourgeois, Fondation Biermans-Lapôtre, Cité Internationale Universitaire de Paris Les 25 et 26 septembre 2009.

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Dans le cadre de la traduction du chef d’oeuvre de Lydia Goehr par Élise Marrou et Maia Ponsonnet, ces deux journées se proposent de prendre l’ensemble des écrits de Lydia Goehr, du classique qu’est devenu le Musée imaginaire des oeuvres musicales en passant par ses articles plus récents et encore méconnus, comme le point de départ d’une réflexion pour en parcourir et en approfondir les pistes les plus prometteuses.
    Lydia Goehr est actuellement professeur à l’Université de Columbia (New-York). Philosophe de formation, elle est fille de compositeur, petite fille de chef d’orchestre, et violoniste depuis son plus jeune âge. Elle s’est ainsi orientée dès son doctorat vers les questions d’histoire et de philosophie de la musique sans perdre le contact avec la pratique musicale. Son mémoire de thèse, dirigé par Bernard Williams à l’université de Cambridge, s’intitulait déjà The Work of Music. Le Musée imaginaire des œuvres musicales en découle directement. Cet ouvrage, qui a connu rapidement un succès international, a ouvert la brillante carrière de son auteur. Le questionnement de son second ouvrage, The Quest for Voice, s’inscrit dans le prolongement direct du premier : Lydia Goehr y interroge la signification philosophique et politique de l’autonomie musicale en revendiquant un formalisme critique qui se distingue du formalisme classique en ce qu’il prend en compte l’immanence de la pratique musicale à des éléments extra-musicaux. Autonomie et résistance sociale ne sont donc nullement exclusives. La forme reste purement musicale et l’autonomie peut toutefois être conçue comme une revendication (claim). Les travaux d’Adorno et de Danto forment la toile de fond de ses travaux des premiers articles aux dernières publications dont les plus originales sont peut-être les dernières réflexions sur la notion d’expérience musicale consacrées à Cage.
    Lydia Goehr ne se propose rien moins que d’interroger à nouveaux frais la signification de l’œuvre musicale. En résistant à la tentation spéculative selon laquelle le concept d’œuvre aurait toujours fonctionné sous un mode univoque et en soulevant même la possibilité de sa contingence, elle interroge la pertinence de ce modèle encore régulateur de nos jugements musicaux aujourd’hui. Remonter à l’émergence du concept d’œuvre lui permet tout d’abord de questionner sur un mode critique une évidence qui nous est devenue si familière que nous y prêtons désormais à peine attention: l’exemplification de la musique dans des œuvres. Ce soupçon initial se situe dans le prolongement de ceux qui se sont interrogés sur le statut particulier des « mutants ontologiques » que sont les œuvres musicales, puis de façon plus explicite encore dans le sillage des critiques avant-gardistes d’un modèle conservateur de l’œuvre elle-même (Cage, Neuhaus). Lydia Goehr rappelle qu’en usant du concept d’œuvre pour évaluer esthétiquement les productions de Bach et de Haendel par exemple, nous homogénéisons les productions musicales à l’aune de catégories conceptuelles qui n’étaient pas les leurs. L’enquête permet en retour de mettre en lumière l’impérialisme conceptuel du concept d’œuvre dominant dont elle met en évidence la partialité : l’œuvre est alors réduite à celle de la musique dite « classique » dont Lydia Goehr analyse l’étroitesse définitoire. Ce n’est pas la moindre force de ses écrits que de proposer une critique immanente des approches analytiques. En effet, Lydia Goehr n’hésite pas à se mesurer aux deux philosophes analytiques qui ont certainement pensé de la façon la plus profonde l’identité de l’œuvre musicale. Elle élabore successivement une critique du nominalisme de Goodman et du platonisme de Levinson. S’inspirant librement de Waismann et de Wittgenstein pour récuser une détermination des critères esthétiques qui imposerait des réquisits frégéens caricaturés (de complétude et d’extensionalité) à un objet qui s’y prête peu, Goehr revendique un concept d’œuvre ouvert (« open-textured concept »), historique, régulateur, immanent aux pratiques musicales elles-mêmes, projectif et émergent. Le concept d’œuvre qui en découle est opératoire dans la mesure où il contrevient à l’anhistoricisme et aux restrictions paradoxales que Goodman et Levinson ont imposés à leur objet en se nourrissant d’un contextualisme qui signifie ici une réinscription dans les pratiques qui rendent à l’œuvre sa dimension anthropologique et sa plasticité. Au delà des puzzles ontologiques explorés par les philosophes analytiques, elle met en lumière que le tournant qui scinde l’histoire de la musique en deux périodes distinctes de part et d’autre de la date charnière de 1800 signifie et exprime l’autonomisation de l’œuvre, le passage d’un art gouverné par des standards extra-musicaux à des standards purement musicaux. L’émergence du concept d’œuvre se confond donc à proprement parler avec l’émergence de l’autonomie du musical. L’horizon de l’ouvrage est une interrogation dont on ne s’étonnera pas des résonances politiques : une fois indiquées les circonstances historiques et sociales qui ont permis l’avènement du concept d’œuvre tel que nous le connaissons encore aujourd’hui, il est loisible et même judicieux d’interroger la pertinence de notre allégeance à ce concept. Quelles normes, quelles limites nous impose-t-il ? Quel bénéfice trouverions nous à nous en débarrasser, à le faire évoluer ?
> programme provisoire

Il manque 85% de l’Univers

Françoise Combes, Astrophysicienne, Observatoire de Paris

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Qu’y a-t-il de commun entre une étoile, l’atmosphère et votre main ? Tous ces éléments sont composés de matière – de matière classique. Car il existe une autre sorte de matière, dite noire, qui constitue 85 % de l’Univers. Et dont les scientifiques ne savent rien. Aujourd’hui, des expériences étonnantes tentent de la détecter.

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La légitimité démocratique en question

Une conférence d’Yves Charles Zarka, le vendredi 11 septembre 2009 à 14 h, au local Z-210 de l’Université de Montréal (pavillon Claire-McNicoll).

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Organisée par le Groupe de recherche interuniversitaire en philosophie politique.

Yves Charles Zarka est professeur à l’Université René Descartes/Paris 5-Faculté des Sciences Humaines et Sociales – SORBONNE. Il a fondé et dirigé au CNRS le Centre Thomas Hobbes (1990-2002), il a également dirigé dans cet établissement le Centre d’Histoire de la Philosophie Moderne (1996-2004). Il a enseigné et donné de nombreuses séries de conférences à l’étranger. Il dirige aux Presses Universitaires de France plusieurs importantes collections, dont “Fondements de la politique”…

Le lexique de la violence dans l'oeuvre de Spinoza

par Pierre-François Moreau

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Pierre-François Moreau fonde sa réflexion sur les deux traités de Spinoza : le traité théologico-politique (1670), qui se présente comme un pamphlet visant à résoudre la question de savoir s'il faut accorder la liberté de philosopher ; le traité politique (1677), qui se présente comme un traité dogmatique sur l'Etat et son fonctionnement. La liberté de philosopher est-elle utile ou nuisible à la piété et à la sécurité de l'Etat ? Il analyse ensuite la question de la sécurité de l'Etat et la théorie du pacte à l'origine de l'Etat, chez Hobbes et chez Spinoza, avant d'en venir au lexique de la violence chez Spinoza. Le pacte, le contrat social suffit-il à endiguer les violences de l'état de nature ?

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